‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 35 sur 276 · FERDINAND, LA REINE, CARLO · texte numérisé non relu

FERDINAND, LA REINE, CARLO

CHCBUR.

U dort^ il dort!... que ^ans un doux repos D réT6 l6 bonheur et Toubli de ses maux!

LA REMè, basrà Carlo.

Quel changement^ depuis troi^ mois!

<Ublo.

n Ta mieux chaque jouri

LA KKIRE.

Oui le mal qni l*oppre8se Semble se dissiper aux accents de ta ^ix!

CASLO.

Plus d'accès de fureuri : ^

Flus^ de sombre tristesse f CHdtuiu U dort^ il dort!... que dans un dom repos U ré^e le bonheur et roubli de se» maux !

LAREIME, htSràGAtfo.

n veut même sortir et m^te u» pro^t Qui m'effiraiel

GARUh»

Bile^ml^

u RBUREi

Notre ennemi seevet.

Le grand inquisiteur, sur hii cherche à reprendre Sloa empire!

Et coBUneni?

'LA REIlfE.

Au seriMn solennel

iCTB II, SCÈNE I. 61

Qa*on prononce aujourd'hui Ferdinand doit se rendre;

Il Ta promis.

( On entend sonner dix heures; le roi s*éveille. ) LE GRAND IKQUISITEUR, s'adresiant au roL Voici le sermon^ sire!

LA REI!«E^ i Carlo.

♦o cieir

CAR(jOy bas, à la reine.

Necraignexrien!

LE ROI y se levant et 8*appoyant sur le bras de rinqaisiteur.

Allons! partons!

( Carlo qui est debout près du fauteuil de la reine, et qui tient une mandoline, se met à jouer et B*accompagM en chantant. Le roi s*arrâte et écoute. )

CARLO) chantant.

PREMIER COtJPVT.

Qu'ayez-^ous^ comtesse , Et pourquoi cette pâleur?

D'où Tient la (rl^esse Qnf flétrit tant de fk'afefaeir t

Je crains pôtff totre rie !

Ahf Je rou9 en supplie !•••

Prenez ee médecin Napoiltahi

D'un savoir certain ?

L'iNQlffStTÊtJR) au roi, quiéeoiU liais, sire, le sermon...

LE ROL

Dans an instant!...

(ACarîo.) Achève ta chanson!

CARLO, gaiement.

(Blgnora AdHBSlatA, Meyoilà!

Chacun dira:

C'est Bellaftor, U gran dottor, n salvator Deile Donzelle!

A ces yeux Si langoureux!

6g LA PART DU 1>IAW.B.

A cette mine Si chagriae veduto^ Presto, presto, D*où provient ce mal Fatal?

liu ignorant eût ordonné De la rhubarbe et du séné; Mais moij^ai pour guérir^ Su découvrir Un elissir...

La joie et le plaisir! ' l'inquisiteur.

Mais, sire, le sermon divin Est commencé!...

LE ROI

C'est vrai!... Nous entendrons la fin.

Hâtons-nous!

(il va pour sortir.) CARLO ^ reprenant le motif de Tair.

Une rude épreuve M'a flrappée en mon printemps!

Hélas! je suis veuve.

Et je n'ai que vingt-cinq ansl

Je regrette à toute heure

Le défunt que je pleure.

Et vais bientôt mourir

De ce martyr

Qui ne peut guérir!

L^NQUISITEUR, au BoL

PsrtoDi!

LE ROI

Plus rien que ce passage-làt CARLO, gaiement*, Slgnora Ammalata, Ve lo giuro, Vi guariro!

Son Bellafior, (l gran dottor, 11 salvator Délie puM^elle,

[acte II; SGÈKE I. 63

Un mari Vous fut ravi, • Et la tristesse

Tous oppresse^ Pour la bannir Et pour tarir Tant de douleurs ., Et tant de pleurs^ Un ignorant eût ordonné De la rhubarbe et du sén6 ! ^ Mais moi, j'ai là pour tooI Moyen plus doux C'est, entre nous.

De prendre un autre épooi.

Presto, presto.

Un altro sposo.

l'inqdisiteue.

Mais, sire, le sermon!

JJR ROI, avec impatteuoo»

Eh bien!

L'lNQ|}ISITEim.

11 est fini!

LE ROI, froidement.

Oh! nous pouTons redire alors ce couplet-ci; Répète-^le, Carlo.

CARLO, gaiement Signera Ammalata, Ve lo giuro^ Vi guariro!

Son Bellafior, U gran dottor, U salvatdk' DeUe Donzelle, Etc., etc.

LE ROI, à Tinquisiteur»

Pour réparer un oubli sans pareil.

Que moi-même je déplore, Aujourd'hui je prétends présider mon conieil.

BraYO,sire!

70 LA râon mr nâiLE.

L'raQuatfBsiu Âhie')B8ipi9 «dèorel

ENSEMBLE

Sfgnora Ammatata^ .

Ve lo giuro^^ Vi guarirol Sorffenafior, U graD dottofj

n salTator '

•"• Dette ÔoDzôtle.

(Le roi entre dans ses appartements, l'inqnlstteor et. les seigneurs et daines

de la cour sortait par le fond.) LA REUŒ^ yonnant» r

L'empêcher d'aller au jsermoa et le forcer d'aller au conseil!... Depuis trois mois^ Carlo, tu as fait des miracles!... Et cependant le roi a enççpn^ un secret qu'pi nous cache f... Des souvenirs douloureux ou cruels qui l'agitent , et dont le retour produit sur lui un état norreux voi^ de la démence!

f....> CARLO.

Et alors, ce qui diminue bien mon mérite, mes plus jolies cavatines^ mes plus beaux airs deviennent impuissants pour le calmer. Il n'y eii a qu'un dont TeSbt Jttsqunici a toujours été immanquable.

LA MKIME.

Celui que tu chantais dans la fonfit, le jour de notre première rencontre... Et comment nous acquitter jamais envers toi, notre sauveur?

CARLO

Oh ! ne parlez pas ainsi. Madame, vous qui avez comblé de vos bienfaits le malheureujt paysan, le pauvre organiste, qui l'avez admis dans votre intimité et élevé à un degré de faveur que personne ici ne peut s'expliquer ni comprendre.

Je ferai plus encore! Au milieu de toutes les pompes qui t'environnent, et auxquelles tu es presque insensiblei j'ai parfois surpris des larmes dans tes yeux... je me suis dit : Il pense à sa sœur!...

CARLO, vivement.

C'est vrai!

A€TS a, aCÈNK I. 71

LA

Il soufiBre de fiOB absence.

CABLO.

C'est vrai!

Et puisque tu ne peux nous quitter d'un instant^ puisque tu iK peux aller à elle^ elle viendra à toi.

CABLO.

Est-il possible!

LA MEINE

Je la fais sortir ée mBixmeaîy je Tâfttattbe à ma personne; «Ue vivra ici.

. GARUK "

Eh! quand donc?

labehik.

Aiyourd'hui!... ce matin. Mais écoute-moi bieilif... Nous sommes soumis dans cette cour moL lois d'une rigoureuse étiquette. On murmure déjà de ce que M^ sans ^am el sonis titre ^ tu as tes entrées dans nos appartements. Que serait-ce si uoos admettion» parmi le» femme» de notre msîaoii une fiUe du peuple, une ounière?...

Ah! je BediiaihpenAueqit'dteeBtfliaaoBnr^jevcwsle jure!

LARSIH»

Elle sera doua Thérésa de BelmMite, c'est le titre que je lui donne et qu'elle g^uodecal La i«ine d'Espag^ peut aiMpblir.

CARLO, ««iMUBaaL

Ahl Madamfi»*»

Quant à toi, Carlo, puisqu'on tient tant à connaître tes titres, nous te présentiefons dès demain k toute la^cour comme notre premier maître de chapelle.

CARLO,, tTec impatience.

Et ma sœur, Madaipe, ma sœur!... Vous daignez me dire.*..

Que le grand maître du palais, le comte de Médrano, qui m'est dévoué, a été la chfiDcbei ce matin à Notre-Damenles- Bois, et je lui ai ordonné, pour la soustraire. aux regards, de la conduire losqulct par un escalier dérobé et par cette porte secrète où tu l'attendras... et tu l'amèneras dans mon appartement

CARLO

Je comprends^ Madame^ et il est d'autant plus utile de cacher son arrivée, qu'il n'y a peut-être qu'une seule personne qui pourrait la reconnaître, et cette personne est justement au palais.

LA REIME.

£t qui donc?

CARLO

Don Rafaël, mon protégé!... celui à qui, il y a trois mois, vous avez daigné accorder ce grade d'enseigne,..

Que je lui avais d'abord refusé... et je vois encore son étonnement.

CARLO, à part.

Je crois bien!

LA REfllB.

' En recevant ce brevet.

CARLO, à pa

Qu'il a cru venir de l'enfer. (Haut.) Du reste, don Rafaël d'Estuniga s'est bravement conduit... le jeune et timide élève en théologie s'est battu comme un lion; et le message honorable dont son général l'a chargé près de Votre Majesté...

Oui, nous l'attendons ce matin.

CARLO

Tout cela prouve qu'U mérite bien quelque récompense.

LA REINE, lui montrant de la main des papiers qui sont sur la table à gauefae

J y ai déjà songé; mais toi qui ne demandes jamais rien pour toi... tu l'aimes donc bien?...

CARLO

Oui, Madame... car il aime ma sœur... il l'aime réellement... et quoiqu'il ne puisse jamais être mon frère... malgré moi et sans le vouloir, je l'aime comme tel.,.

Silence!... on vient!

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