SCÈNE II CARLO, pui< VARGAS WftAFAEL
liARLO> allant s'asseoir sur le fauteuil à droite près de la table.
Oui... com-age!... Si encore on pouvait, pendant quelques heures, laisser ignorer à Rafaël la succession -qu'il vient de faire^..
VARGAS> entrant aveo Rafaël par le fond du théâtre.
Je VOUS le répète, c'est le notaire lui même qui en apporte la nouvelle. . . votre oncle est mort !
CARLO, à part, avec impatience.
Là!... encore ce Vargas!...
VARGASi
Sans pouvoir, comme il le voulait, légwer tous ses biens à l'inquisition.
RAFAËL, froidement.
Envéritéli.«
i08 LA PART DU DIABLE.
VARCXS.
îl n'a eu que le temps de dire de vive voix au notaire... : (( J'ordonne à mon neveu de prendre Gil Vargaâ poiu' son in- « tendant! »
RAFAËL
A moi ! ... un intendant. . . vrai cadeau du diable ! ... Et pourquoi cela?
VARGAS
Parce qu'il en faut un avec une fortune comme la vôtre... parce que vous avez six cent mille ducats.
RAFAËL^ froidement. >
Âh! ah!
VARGAS
Cela ne vous surprend pas?...
RAFAËL
Du tout... (Montrant Carlo.) Avçc lui... et grâce à lui... je m'y attendais.
VARGAS
Raison de plus, maintenant, pour renoncer à cet amouï absurde et diabolique que vous vous êtes mis en tête.
CARLO, à part, avec colère.
Nous y voilà!
VARGAS
On peut choisir parmi les marquises et les duchesses, quand on a six cent mille ducats...
CARLO, froidement*
Non pas... ti*ois cents.
VARGAS
Comment, trois cents !
CARLO
Et ma part?
VARGAS
Ah! c'est trop fort!... c'est trop juif!
RAFAËL, riant.
C'est pis qu'un intendant.
VARGAS, avec colère.
Et VOUS pourriez souffrir...
RAFAËL
Donne-moi le moyen de faire autrement? Quand je pense que toi qui parles... toi qu'on vient de me donner pour intendant, tu es à lui pour moitié, s'il le veut.