ACTE III^ SCÈNE III. iOO
YARGAS.
Laissez donc!
RAFAËL
Oui, s'il le veut... Tu auras beau dire et beau faire, il faudra que tu lui appartiennes.
YARGAS, a^ec colère.
C'est ce que nous Yerrons! car je n'entends pas que yous soyez dupe plus longtemps d'une fourberie et d'une imposture pareilles...
RAFAËL, écoutant un bruit de tambour lointain.
Tais-toi!... c'est le roi et la reine qui, pour là réception de l'ambassadeur, se rendent à la salle du trône... Et nous autres, du régiment des ga^^des, devons former la haie sur leur passage !
YARGAS.
Peu importe! (Montrant Carlo, qui depuis quelques minutes -vient de s'asseoir et d*écrire à la table à droite.) Et puisqUC YOUS prétendez que c'est le diable en personne... (prenant un des pistoleU que Rafaël porte à sa ceinture.)
RAFAËL
Prends garde... il est chargé !
YARGAf*.
C'est ce que je Yeux, et en l'essayant sur lui— yous verrez bien...
RAFAËL
Que tu perdras ta poudre et ton temps, (vivement.) Le roi!...
(il tire son épée, et va se mettre en rang avec les autres officiers et soldats qui sont en haie dans In galerie» présentant les armes au roi, et tournant le dos aux spectateurs. On entend dans Torchestre le bruit lointain du tambour, qui est censé battre dans les cours du palais.)
YARGAS , pendant ce temps , s'approchant de Carlo qui est à la tablei écrira,
et à demi voix.
Prétendu démon ou sorcier, pourrais-tu me dire ce qui va t'arriver?
CARLO, sans tourner la tète.
Non, mais je puis t'apprendre ie sort qui t'attend... Ravisseur d'une jeune fille dont tu voulais faire la maîtresse du roi, ' ' tu seras pendu dès ce soir.
YARGAS, interdit.
Pendu !...