SCÈNE II
Les mêmes^ SCOPETTO.
BOLBATA y à Mathéa.
N'ouvre pas te di^je! (voyant entrer scopetto.) Quel est donc cet homme?
SCOPETTO.
Un pèlerin qui n'aime pas la pluie ^ quand il y a moyen de s'en priver... c'est pour cela que j'ai fî'appé à la porte du curé.
^^ BOLBAYA.
Le ci^Hpf est plus!
190 tk SIRÈNE.
9C0PETT0.
On le Yoitbien... C'était un brave homme!
BOLBATA.
Qui accueillait tous les vagabonds... et moi je veux connaître ceux que je reçois... car cette maison m'appartient, comme à son frère et à son héritier !
9C0PETT0.
Ah! c'est vous!
HOLBATÂ.
Eh bien! comme il me regarde... Est-ce que vous trouvez en moi quelque chose d'extraordinaire?...
SCOPETTO.
Non... rien que de très-ordinaire... (uatflmtnt et le regardant) Nicolaïo Bolbaya!
BOLBAtA.
il me connaît!
SCOPETTO.
Directeur du théâtre de la cour... fortune immense... mérite plus restreint!
BOLBATA.
Qu'est-ce à dire?
Que, dans votre position, vous n'avez pas besoin de l'héritage du curé.. . et que vous auriez dû en faire cadeau à Mathéa, sa servante!
KATHÉA.
n me connaît aussi*
BOLBATA.
Je n'ai pas d'avis à recevoir de vous... et je vous prie de sortir... attendu que chacun est maître chez soi!
SCOPETTO, s*a8Beyant.
Alors, je reste! (U tir* de sa poche da tabac et une pipe qu*il bourre.)
BOLBATA.
Insolent!... Et n'avoir ici ni laquais, ni domestiques... (a Mathéa.) Va me chercher lebarigel, le podestat!
MATHÉA.
Au milieu de la montagne ?
BOLBATA.
Mais vous, du moins, mon hôte et mon ami, jd^ ne permettiez pas qu'il me manque à ce point?
AGT£ ï, SCÈNE III. 131
SCIPION
Permettez^ Monsieur!
BOLBATA.
Est-ce qu'il peut rester ici malgré moi?... Est-ce que je n'ai pas le droit de le mettre à la porte?
SCU>ION.
Ouî^ Monsieur... s'il ne pleuvait pas!
BOLBATA^ brusquement.
Est-ce que c'est ma faute^ à moi^ s'il pleut?... Est-ce que ça me regarde?... est-ce que j'ai tort?
SCIPION
Non^ sans doute!... Mais- si tous aviez été comme m<»i des nuits entières couché en plein air^ mourant de froid et de faim^ vous penseriez qu'on n'a jamais raison de refuser un
abri à un pauvre diable! (Scopetto se lève sans rlea dire. Ta serrer la maÎD de Scipion, et retourne s'asseoir sur la chaise en fumant sa pipe.)
Ainsi 9 croyez-moi, ne vous fâchez pas... et accordez-lui généreusement l'hospitalité qu'il paraît décidé à prendre!
BOLBATA.
Moi!
SCIPION
Apaisez-vous!... (Regardant la fenêtre du fond^) bientôt le ciel en
fera autant... et alors ^ je me charge de congédier votre hôte!
BOLBATA.
A la bonne heure!... C'est pour vous, ce que j'en fais... sans cela... (a Mathéa.) Tu vas me rejoindre dans le cabinet de mon frère, et m'aider à faire la visite de ses tiroirs et de ses papiers !
MATHÉA.
Oui, Monsieur.
SCOPETTO, à Bolbaja, qui s^en va*
Adieu, mon hôte!... Je ne vous demanderai pas à souper... Merci! merci!... ce serait abuser de votre noble hospitalité!...
(Bolbaya tort avec colère.)