‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 119 sur 211 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

tient... elle a la monomanie du mariage, et il est un autre s^mour, pur, chaste^ honnête qui remplit mon cœur et occupe toutes mes pensées... un ange de beauté, de modestie^ de vertu...

DUQUISSON.

Eh bien, pourquoi ne pas te déclarer?

LÉOPOLD

Y penses-tu?... son père, un négociant... qui ne dépense rien, qui amasse toujours et qui donne à sa ûlle cent mille écus de dot!

DUBUISSON

Eh bien!...

LÉOPOLD

Est-ce que cela peut convenir... à moi! un vaudevilliste!... ce serait par trop invraisemblable!

BERNAVILLE.

Bah! à un auteur qu'importent les Invraisemblances?

LÉOPOLD

Non... non...

DUBUISSON. Madclaine apporte une bouteille.

Ah ! voici le Champagne !. . .

' L£0P0LD, tendant son verre.

Air anglais.

Versez, amis, versez ! que le Champagne Vers Taveair nous emporte soudain !

El bâtissons nos châteaux en Espagne Au choc du verre, au bruit d'un gai refrain^

Driu ! drin !

Grâce à ce vin, déjà tout se colore !

A Thorizon je ne vois que beaux jours !

Plaisirs, bonheur!.. Amis, versez encore.

Pour que mon rave ici dure toujours!

Drin! drinl

DUBUISSON

Puisqu'on fait des châteaux en Espagne, c'est moi qui commence : j'emploie les millions«que j'aurai gagnés à donner à Malvina une voiture et des diamants^ et en la voyant passer, on se dira : Est-ce une duchesse ou une ambassadrice? Et On répondra : Non! c'est la passion de Dubuisson, ce fameux ban. quier... le rival de Rotschild et d'Aguado !

178 OAinTiÉ!..

' BERMAtILLB.

Quant à moi j'ai une autre ambition*., celle des hcmneunî je finirai par gagner quelques causes qui me feront connaître^ et à la première occasion je me présente dans mon pay^*.. dans la Sologne^ où ils ne sont pas forts, je me fais nommer député...

DUOUISSON.

Ministériel!

BERNA VILLE^ le levant, et te ptoçant derrière ta ehaise» toame dtni «ne

tiibune.

Pas si bête! de Topposition.,. c'est bien plus facile, cela prêle bien plus à l'éloquence, aux tirades, aux tartines, à l'ilidignation. Je parle sur tous les sujets et je blâme toujours... je ne sors pas de là... nous renversons le minislèrc... ou le le gouvernement, peu importe. Place au barreau! c'est le triomphe de la basoche, le règne des avocats , je parle tant qu'on yeut... et me voilà ministre, président du conseil.

DUDUISSON.

Bravo!... je deviens le banquier du gouvernement.

BERNAVILLE.

C'est dit!

DtJDCISSON.

Ou ministre des finances I sinon je fais dégringoler la rente.

BERNAVILLE.

Je nomme de Mailly, malgré son absence, ambassadeur à Ck)nstantinople, et Lcopold, directeur des Beaux-Arts 1 (n se

rassied.)

LËOPOLD.

Laissez donc !... j'ai arrange ma vie rnieux que cela. Je ne demande rien à ton gouvernement ni à aucun autre! je ne veux ni places ni dignités ! Qui s'élève peut tomber, et mes chutes de théâtre me sufûsent... Je ne veux devoir qu'à ma plume ma richesse et mon indépendance, et puisqu'il n'en coûte rien de faire des rêves, les miens seront doux et glorieux... d'abord, je n'aurai que des succès!

BERNAVILLE*

A commencer par ce soir !

LÉOPOLD

Ifon! — Ce soir ne compte pas!... Mais des vaudeville»^ je passe aux opéras-comiques et au grand Opéra; tous les directeurs m'offrent leur amitié et les compositeurs leurs parti»

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