‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 125 sur 211 · ACTE 11^ SCÈNE II. iS · texte numérisé non relu

ACTE 11^ SCÈNE II. iS

qu'il y a si longtemps que nous n'avons chanté au dessert ! (Avec un soapir.) Nous ne chanlons plus^ Madélaine^ aux du moins... car moi, c'est toujours mou état!

HADELAINE.

Est-ce que vos amis sont comme moi dans le malheur?

LÉOPOLD

Au contraire!., tout leur a réussi... Tu sais bien, mon ami Bcrnaville, l'avocat...

MADELAINE

Qui venait sans vous en cabinet particulier ii la Pommed'Or, avec cette genlilie fleuri>tc...

LÉOPOLD

1830 est arrivé... et Tambiiion aussi... et les amours se sont envolées! Bernaville a commencé parfaire un beau mariage... la marquise Altamire de Gusmann Bellaflore;

L'Andalouse dont il ne voulait pas..i et qui était si laide !

LÉOPOLD

En 1828! mais quatre ans après elle était bien plus jeune et bien plus jolie... tout dépend, pour y voir, des verres que nous prenons! Secondé par sa nouvelle famille, par Sa nouvelle fortune, et surtout par son talent, Bernaville a bien vite acquis de l'influence à la Chambre ; il est devenu chef d'une nuance, puis d'un parti... a renversé le dernier ministère rt s'est mis à sa place. «• en attendant qu'on le renverse lui-même. VyOilà son sort !

MADELAINE

Mon doux Jésus! c'est-il possible!.. M. Bernaville, qui buvait si bien du vin de Champagne, est devenu ministre !

LÉOPOLD

Pourquoi pas! comme tout le monde! quant à Dubuisson, c'est autre chose ! sa passion pour Malvina l'a précipité dans les entreprises les plus hardies... il y aurait eu de quoi trembler s'il avait eu une fortune quelconque; mais n*ayant\ien en 1830, et spéculant, fin courant, sur la baisse, sur la hausse^ siir la paix, sur la guerre, il a fini par réaliser d'immenses bénéfices, par établir une maison de banque formidabïe, un capital de cinq ou six millions pour le moins... et il n*a plus qu'un désir maintenant.

MADELAINE

Pe se reposer 7

LÉOPOLD

D'en gagner encore, et d'an i ver plus haut.

MADELAINE

Et M. de Mailly ?

LÉOPOLD, avec émotion.

C'est dilTërent!.. secrétaire d'ambassade à Carlsruhe ou à Bade, en ce moment... sans sa femme, qu'il a laissée à Paris... car il s'est marié aussi... très-bien marié!

MADELAINE

Et vous. Monsieur, j'espère que vous allez me présenter à Madame...

LËOPOLD.

Que veux-tu dfre? je suis garçon.

MADELAIME, avec étODadment.

Encore!..

LÉOPOLD

Toujours garçon.

MADELAINE

Comment, ça n'est pas uni... et M. Mathieu en est toujours aux informations?

LÉOPOLD, étonné.

M. Mathieu?

MADELAINE

Ëh! oui!., il voulait déjà vous donner, il y a dix ans, sa iîile Hélène en mariage.

LÉOPOLD

A moi?

MADELAINE

Dame! c'était son intention... tellement que la veille du jour où je suis partie pour la Bictagnc, il me l'a dit à moi,

LÉOPOLD

C'est bien singulier!., car précisément à cette époque, de Mailly m'a avoué qu'il en était aimé... que le père n'était pas éloigné de les unir... et moi, dévorant ma douleur, mais ne voulant point former obstacle au bonheur d'un ami, je prétextai un voyage à Londres, une affaire de théâtre... et six mois après, à mon retour, de Mailly avait épousé Hélène.

MADELAINE

Ce M. Mathieu, changer ainsi d'idée ! un Breton !..

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