SCÈNE IL LÉOPOLD, MADELAINE
MÀDELAINE, timidement, dn fond.
Monsieur Léopold?
LÉOPOLD
Madelaine!..
AiB : Laissez'-'moi (de l'Ambassadrice^ troisième acte;.
(Se levant.)
ËD croirai-je mes yeuxl
UADELAlNfi.
Oui, c'est mol !
Dans ces lieux !
A Pai'is, qui te ramène?
Quoi! c'est loi!
MADELAINE
C'est bien moi!
LÉOPOLD
C'est toi que je rcvoi, Ma gentille Madelaine!
AGT£ 11^ SCiNX II. i85
MiDELAINE.
Êh quoi! depuis dix ans^ yous me recounaissezl
LÉOPOLD
Tu me rends mou printemps et mes plaisirs passés.
ENSEMBLE
LÉOPOLD
Jour beureui!
Dans ces iieux^
Près de moi
Je revoi Ma gentille Madelaine.
Mes beaux jours^
Mes amours^ Mes plaisirs^ je le croi, Revienneot avec toi.
MADELALNE.
Jour heureux!
Dans ces lieux
Je le crol.
Je le voi.
C'est le ciel qui me ramène.
Mes beaux jburs^
Mes amours^ Sont pourtant loin de moi; Je TOUS dirai pourquoi!
LÉOPOLD
Est-ce que tu n'as pas cpousé^ à Morlaix^ Jean Poulawenne^ le matelot^ ton bon ami?
HADELATNE.
Si vraiment, grâce à vous ! grâce à la dot qne vous m'avez donnée... et un si bon mari! un si bon ménage! à telli-s enseignes, que nous en avous eu d'abord trois enfants coup sur cûup.
LÉOPOLD
Un ouvrage en trois actes... À ta place, j'aurais été jusqu'aux cinq.
MADELAINE
Ah ben oui! a fallu s'arrêter. Nous avions une bonne auberge sur le port... tous les matelots y venaient... y avait foule. Mais Jean Poulawenne,qui avait été matelot lui-même, ne pouvait jamais refuser un verre d'eau-de-vie à un ancien
f8é OAltlTlÉ!..
camarade qui avait la bonne et le gosier à sec... c'est ça qui nous a tués! le crédit et la soif!
Pauvres gens !
VADELAINB.
Mon homme, qui a du cœur, m'a dit : Femme, ne pleure pas... car moi je me désolais... je reprendrai mon ancien état. Et moi le mien, que j'ai répondu! C'est dit... 11 m'a embrassée bien fort, et il est paiti pour le Brésil, moi pour Paris.
Air : Lisê^ épout^ V beau Gernance.
Quand on était deux sans cesse, S'trouYer seule... ab! queir tristesse l . L' jour c'est bien dur, oo 1' conçoit!
LÉOPOI^P, souriant.
Et le soir il fait bien froid!
MADELAINB.
Le y'ià sur d' lointains rivages, Ça m' désor !
LEOPOLD, gaitnnif.
Je comprends ça î L*amour et les bons mén&ges N' coonaiss' pas ces di«t^iiees-)à.
UADELAINB.
Enfin, me voilà à Paris, où je viens chercher du travail... Connaisses- vous une maison où je puisse entrer?
LÉOPOLD
Eh! parbleu, la mienne!..
UADELAISfE»
U vous faut une cuisinière ?
lAopold.
Il ne m'en faudrait pas, que je m'arrangerai pour en aveir besoin! Cette chère Madeiainc!.. sa vue me rajeunit et me rappelle le bon temps... non pas queceluirci soit mauvais... et quand tu es entrée, je composais des couplets pour notre dîner d'aujourd'hui.
MADELAINB.
A la Pommc^'Or... ça tient toujours ?
LÉOPOLD
Certainement!., et des couplets ne feront pas mal, parc^