ACTE ïî, SCÈNE VI
MALVINA^ continuant.
a Car je ne vous aime pas! je ne vous ai jamais aimé, et quant au fils avec lequel vous vous trouvez tant de ressemblance, il vous est^ grâce au ciel^ parent de si loin, que... »
LfiOPOLD, lai arrachant la lettre des mains.
Non! pour lui... pour toi-même, tu n'enverras pas une lettre pareille... je m'y oppose. (Geste de colère de MaWina.) Pas un mot de plus !.. Occupons-nous de notre pièce de ce soir... de ton rôle que nous devions répéter... (il va s'asseoir à son bureau.)
MALYINA.
Ah ! ce n'est pas la peine, maintenant.
LÉOPOLD
Et pourquoi?
MALYINA. ^
Parce que les coupures sont toutes faites... est-cS^ue le théâtre ne t'a pas prévenu?
LËOPOLD.
De rien !
MALYINA.
Est-ce que tu ne sais pas que ta pièce renferme contre le pouvoir des traits? ...
LÉOPOLD
Qu'il peut et qu'il doit entendre, car je ne lui dis que la vérité... la vérité en riant... c'est le droit de Fauteur comique.
MALYINA.
Eh bien,^^Ott cher, la censure a tellement abîmé l'ouvrage qu'iHfe re4e plus rien. ^
LÉOPOLD
Allons doBc!..^
MALYINA.
Je le tiens du régisseur que je viens de rencontrer. 11 rapportait de la censure le manuscrit en lambeaux.
LÉOPOLD, se levant.
Mais la censure dépend du ministre de Tintérieur, de Ber* naville, mon ami...
MALYINA.
C'est ce que j'ai dit...
LÉOPOLD
Et il ne peut consentir à cet acte arbitraire, à cette injustice, mieux vaudrait renoncer à ma pièce que de la laisser
mutiler ainsi... J'ai tout supporté avec courage; la perte de ma fortune, de mon bonheur... de mes espérances... mais mon œuvre, mais mon enfant, mais l'avenir de gloire qui m'était promis, on ne peut pas me le ravir et m'en déshé^ riter!...
BERNAVILLE, en dehoM.
Allons donc... vous n'y pensez pas...
LÉOPOLD
C'est lui! c'est BernavlUe!..
MALVINA
Le ministre...
LfiOPOLD.
Laisse-nous seuls un instant.(li«Uina entre dans le cabinet à droite.)