ACTE in, SCÈNE I. %ii
FhfiDÊftlG.
D'abord, mon père, que j'ai trouvé soucieui et mécontent.
FÉLIGIEH.
G*est tout naturel. Ministre, il y a dix an«, M. Bernaville n'est plus rien aujourd'hui, quand ses talents et son expérience l'appelleraient aux affaires, auxquelles il a renoncé.
FRÉDÉRIC
Non, il n'y renonce pas; il y a un représentant à nommer : mon père se met sur les rangs.
FÉLICIEN
Et le mien aussi!
FRÉDÉRIC
Ah! mon Dieu!., et mon père qui me défend de te voir et de venir ici! eêUee pour cela?
FÉLICIEN
J'en ai peur !
FRÉDÉRIGé
Ce n'est pas possible. Il m'a si souvent parlé dans mon enfance de 8es|roi8 amie qu'il aimait.*, comme nous nous aimons, Dubuisson, de Mailly, Léopold, dont il ne devait jamaiis se séparer... Qu'est-ce que tout cela est devenu?
FÉLICIEN
D'abord cette année, en Allemagne, à la suite d'une dispute de jeu, M. de MaiUy, le secrétaire d'ambassade, a été tué en duel.
FRÉDÉRIC
Quel malheur! et sa femme, madame Hélène, si belle encore et si courageuse... et sa fille, la charmante Cécile, m>tre compagne d'enfance, les voilà aaniti ressources !
FÉLICIEN, de même.
Rassure-toi. Mon père s'est décidé à leur ofirir un asile chez lui. "-
FRÉDÉRIC, àT««joi««
Elles demeurent ici, dans cet hôtel?
FÉLICIEN
Depuis trois mois. Dès que ma mère me laisse libre un instant, je le passe près de ces dames.
FRÉDÉRIC
Et leur autre ami, ce bon M. Léopold, qui, lorsque nous étions au collège, nous donnait des billets pour aller le dimanche au spectacle?..
^42 amitié!..
félicien.
11 est en voyage.
FRÉDÉRIC
Lui qui ne pouvait quitter ses théâtres, ni s'éloigner de Paris!
FÉLICIEN
Excepté pour rendre service. Je t*ai dit que M. de Mailly était mort en Allemagne... il fallait mettre en, ordre les affaires de la succession ; la mère et la fille n'y auraient rien entendu. Léopold s'est proposé : je n'ai rien à faire, a-t-il dit, que des couplets; je les ferai en route ! et il est parti... mais on attend prochainement son retour...
FRÉDÉRIC
Ah! tant mieux... j'ai besoin de son appui et de ses conseils dans une affaire où malheureusement tu ne peux rien.
^ N'importe! dis toujours.
FRÉDÉRIC
C'est qu'il y a deux ans, quand je me suis epbarqué, j'étais, sans le savoir, sans m'en douter, amoureux fou...
FÉLICIEN
Est-il possible?.. Et moi aussi!., dépuis trois mois!
FRÉDÉRIC
Mon amour a redoublé, je crois, par l'absence.
FÉLICIEN
Et le mien par la Tue de celle que j'aime !
FRÉDÉRIC
Mais, sans fortune...
FÉLICIEN
Sans état...
Air (le VAfUtte.
Comment puis -je , à moD âge,
FRÉDÉRIC Comment, à dix-huit ans.
FÉLICIEN
Penser au mariage.
FRÉDÉRIC Et malgré nos parents !
FÉLICIEN
Même sort nous rassemble^