ACTE Ilf^ SGÂNE lY. SS
LÊOPOLD.
Et voilà deux camarades d'enfance^ deux amis, devenus...
DUBUISSON
Eimemis mortels... Je lui ferai pour cette élection tout le tort... que lui-même a voulu me faire. Nous avions, comme c'est l'usage 9 tapissé les murs de Paris d'affiches sans nom d'auteur... où on lisait en grosses lettres : Nommons Dufmisson!,, le banquier Dubuisson, l'ami du peujde.,.
Air : Vaudeville de la Bobe et les Bottes,
C'est consacré, c'est le système Que chacun suit... il faut, sans balancer.
Faire ses affaires soi-mênae.
Se mettre en avant, se pensser!
Sur mainte affiche on se propose.
Et pour montrer son non aux électeurs, On prend du bleu, du blanc, du vert, du rose»,.
UOPOLD.
On Leur eo ^ait voir de toutes coulfiurs.
DUfiUISSOM.
Oui!.. Or^ dans chacune de ces pancartes on me vantait, comme de raison.
LtOPOLD.
Aux dépens du concurrent...
DUBCISSON.
Pour se venger, Bernaville s'est permis de lancer dans les journaux un article indigne, infâme... où il ne respecte rien. Il y parle de révélations sur l'origine de ma fortune, de Mémoires secrets que de Mailly lui aurait envoyés^ à lui!..
LÉOPOLD, soariant.
En vérité?
DUBCISSON.
Bien plus encore!., il ose s'égayer sur mon mariage avec Malvina, que j'ai épousée, tu le sais, parce que sans cela elle serait morte de désespoir... Alors j'ai répondu par une épître que Malvina m'a aidé à composer... tù la verras, toi qui t'y connais ; c'est tout ce qu'il y a de plus spirituel, de plus sanglant... car, lorsque Malvina s'y met...
LËOPOLD.
Je sais de quoi elle est capable en fait de lettres... autrefois du moins... mais maintenant qu'elle est dévote...
DUBDISSOM.
C'est cncoro pis!
LÉOPOLD
Comment ?
DCBUISSON.
Oui... Mais avant de faire imprimer cette lettre, j'ai voulu te demander, à toi qui arrive d'Allemagne, à toi qui n'as pas quitté de Mailly dans ses derniers moments, s'il est vrai qu'il ait réellement envoyé à Bernaville ces prétendus Mémoires.
Non, je te le jure !
DOBUISSON. .
Et m'en voulait-il toujours ?
LÉOPOLD
Il m'a chargé de te dire qu'il te pardonnait...
DUBUISSON
Vraiment!..
LÉOPOLD
Et, si tu veux m'en croire, Dubuisson, tu feras comme lui...
DUBUISSON
Moi?
LÉOPOLD
Tu suivras son exemple ! (Musique.)
DUBUISSON. X
Silence!., c'est Malvina qui revient du sermon... avec mon fils Félicien... il est charmant, n'est-ce pas?
LÉOPOLD
A qui le dis-tu ? (llaWina et Félicien, entrant par lé fond, à droite, suivent la grille de clôture au fond, et descendent à gauche.)
DUBUISSON
Et puis il me ressemble tellement... (k Léopoid qui est devenu
rêveur.) A qUOi pCUSCS-tU ?
LÉOPOLD
A la pièce dont je te parlais tout à l'heure... et que je cherche toujours!
Veux-tu que je t'aide ?..
LÉOPOLD
Pourquoi pas?
DUBUISSON, riant.
On a vu des ouvrages à plusieurs auteurs !
mÊtgÊÊÊ^