ACTE niy SCÈNE lY
tant que ma main pourra tenir une plume^ tant que j'aurai encore quelques pensées dans la tête ou dans le cœur^ je ne demanderai rien qu'à mon travail! La république est venue... (Souriant.) qui a uu peu tué la gaieté et ceux qui l'exercent ; n'importe?.. Qu'elle vive! qu'elle nous donne de la gloire à chanter^ de l'union^ du calme, du bonheur à décrire, et, content de mon sort, je reprends ma tâche... Ce matin déjà un brave directeur est venu me demander pour cette semaine une pièce que je lui ai promise!., c'est de l'argent comptant. Il ne me manque plus rien... que le sujet!., je le cherchais en venant ici, et je le trouverai, car ce n'est plus pour moi seul que je travaille, mais pour ma famille à moi !
DDBUISSON.
Je ne t'en connaissais pas.
LÉOPOLD
11 m'en est arrivé!
Air : les Scythes et les Amazones.
Vienne un sujet! je te bénis d'avance, mon état, toi qui me donneras Non la fortune, au moins l'indépendance.
Car moi je puis me passer ici-bas De tout le monde...
(a Dabaisson.)
Et tu ne le peui pas !
Tu m'attendais et pour un bon office,
(Montrant nne lettre.) Tu Tas écrit !.. je suis assez heureux.
Pour t'obliger, pour te rendre un service :
Je suis encor le plus riche des deux.
Oui, tu le vois... je te rends un service !
Je suis encor, etc.
Ainsi^ parle!., ne te gêne pas, dis-moi ce que l'homme de lettres peut faire pour le pauvre millionnaire ?
DCBUISSON.
Le tourbillon des affaires a pu nous éloigner l'un de l'autre : à Paris on ne se voit pas, on se néglige; mais l'amitié... tu le sais bien... Lëopold...
LËOPOLD.
Ah! nous parlons encore comédie ? Soit!..
DOBDISSON.
Ne dis pas cela'. L'amitié une comédie!..
T. xjx. i:;
LftOPOLD.
En plusieurs tableaux^ et souvent, tu le sais, avec cinq années d'entr'actes !
DUBinSSON.
Enfin, nous n'avons jamais été ce qui s'appelle brouillés... tandis qu'aivee Bemaville et de Mailly... si tu savaos comme ils se sont conduits envers moi!., quels procédés! quelle ingratitude!., moi d'abord, }e n'ai jamais lencontré ^e des ingrats!..
Pauvre Dubuisson !
DUBUISSON
D'abord, de Mailly, que j'avais gorgé d'or!., mais le jeu absorbait tout... et Bemaville, lui qui, étant nônistre, a fait défendre ta pièce, cette pièce qae je voulais faire réussir... tu sais...
LÉOPOLD, froKl«m«nt.
Je sais pour quel motif... ne parlons plus de cela.'
DUBUISSON
Croirais-tu que j'allais arriver aux premiers emptois financiers de la république, c'est lui qui m'a renversé»
LÉOPOLD
Comme tu l'avais renversé autrefois!
DOBfnSSON.
Quelle différence! il y avait si longteràp^ qu'il était ministre, etnioi, je ne l'étais pas encore... j^âïlais commencer. Il a prétendu que je n'étais pas uil républicain de la veille 11 a été chercher, je ne sais où, des demandes de places et des . protestations de dévouement que j'avais faites à une époque où tout le monde en faisait. Il n'a pas craint de dire que, riche à millions, je n'avais jamais rien fait pour personne... à quoi l'ai répondu en installant chez moi, dia'ns ce jf^atillon, la veuve et la fille de mon ancien ami...
LÉOPOLD, à part.
Ah! c'est donc cela...
DUBUISSON
De mon pauvre de Mailly, que je venais de ^rdre... et pour me venger, apprenant que Bernavilie voulait se faire nommer représentant, je me suis mis sur les rangs par le conseil de