‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 166 sur 211 · SCÈNE XÏIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XÏIL

LÉOPOLD^ 6ERNAVILLE, qui sayanee en rêvant au fond à droite,

tuit la grille et descend à gauche.

LÉOPOLD

C'est Bemaville... Il est tellement sombre et soucieux qu'il ne me voit pas! Mauvais signe ! (se mettant devant lui.) Bonjour, Bernaville.

BERNAVILLE.

ciel!.. Léopold... (ivee embarras.) BonjOUr.

LÉOPOLD

Ma présence t'embarrasse et te' gêne, c'est tout simple.,. nous ne nous sommes pas vus depuis si longtemps!., depuis le jour, je crois, où le ministre a défendu ma pièce.

BERNAVILLE, vivement.

Ah! tu ne sais pas dans quelles circonstances! Tiens, Léopold, tu ne me croiras pas, mais vingt fois j'ai voulu t'aller demander pardon...

LÉOPOLD

Et tu n'as pas osé? ~

BERNAVILLE,

Non, car j'étais coupable.

LÉOPOLD, lui tendant U main.

Tu ne l'es plus... et c'est moi maintenant qui me reproche de t'avoir rappelé le passé... Qui f amène ici?

Une injure grave! de celles qu'on ne pardonne pas.., Jç te

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raconterai cela. Je n'ai vu que mon honneur à venger, et je suis accouru sans même prendre de témoin. C'est le ciel qui t'envoie : tu seras le mien !

LÉOPOLD

Volontiers! mais je serai maître des conditions.

BERNAVILLE.

Cela va sans dire.

LÉOPOLD

D'abord, ce combat ne peut pas avoir lieu avant uae heure. Nous allons donc commencer par dîner ensemble.

BERNAVILLE.

Merci !^. je n'ai pas faim.

LÉOPOLD

Toi qui te bats, c'est possible... mais moi, témoin...

BERNAVILLE.

Vas-y seul!., je te rejoindrai ! (Musique.)

LÉOPOLD

Non!., je ne te quitte pas... je t'emmène avec moi... à mon restaurant! une excellente maison... que tu comaais... car tu étais autrefois... un de ses habitués... regarde pl&tôt!.. (Des

domestiques ont apporté sous le marronnier, qui est au milieu du théâtre, une table à quatre couverts comme au premier acte.)

BERNAVILLE^

Que vois-je ?

LË^OPOLD.

L'ancien emplacement de la Pomme-d'Or... un peu changé... ainsi que ses convives...

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