SCÈNE XIV
DUBUISSON, LÉOPOLD, BERNAVILLE.
DIJBUISSON, sortant vivement du salon à droite. Me voici!.. (Apercevant Bernaville, il s'arrête.) cicl!..
LÉOPOLD, continuant.
Us existent cependant! les voici encore! exacts au rendezvous; mais ce n'est plus celui de l'amitié! Sous cet arbre où retentissaient nos chants joyeux, sous cet arbre où nous avons juré tant de fois de nous aimer, de nous protéger, de nous défendre, ces anciens amis viennent s'égorger!
BCBUISSOM, BERNAVILLE.
Comment!., c'est ici!..
244 amitié!..
L£0P0LD> & DubuUson et & Bernaville qui iressatllent.
Oui! vous m'avez laissé maître des conditions : c'est sur ce terrain, c'est ici que vous vous battrez!., i'oserez-vous sans qu'un souvenir fasse frémir votre cœur et trembler votre main?
TODS LES DEUX.
Léopold !..
JLÉOPOLD.
Ah! vous avez entendu ma voix... ou plutôt celle du remords! vous renoncerez à ce combat impie! je ne vous en demande pas davantage ; je ne vous demande pas d'oublier les injures présentes et de vous accorder un mutuel pardon... (Ceite de refus dei deux.) c'cst impossiblc, je le sais... mais avant dj vous séparer et de retourner chacun à votre huinc, accordez-lui un seul instant de trêve... Est-ce trop exiger que de vous demander un dernier souvenir à nos beaux jours, un
dernier regard sur le passé... (prenant U main de Bcrnavillc, remontant le théâtre.) N'cst-cc pas en avant de ce feuillage qu'était placée... Qomme aujourd'hui, la table où nous buvions à
l'amitié... (Paasant derrière la table et faiiantfaee aux spectateurs.) Ma
place ordinaire à moi... c'était ici... la tienne, Dubuisson... là, près de moi!
DUBDfSSON, s'approchent av6c émotion du couvert k droite de Léopold, et
devant lequel il se tient debout.
Oui!..
LËOPOLD.
Et ton couvert à toi, Bernaville...
. BERNAVILLE, se plaçant devant le couvert à gauche de Liopold.
Était ici... c'est vi'ai!