‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 37 sur 211 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JEANNE, RAOUL, D'HAVRECOURT.

ROUL, «Tec embarras, à pan.

Dieu ! . • c'est Jeanne !

JEANNE

Ouf !.. j'ai joliment couru... mais, ce qui m'a retardée... c'est que j'ai rencontré...

RAOUL, lui faisant signe de se tair«. *

C'est bien!., nous parlerons de ça... plus tard... (il remonte

un pea.)

Eh! c'est ma gentille Flamande de ce matin... mademoiselle Jeanne. •

JEANNE, gaieme«t.

Ah! bien oui, Mam'selle!.. mieux que ça, je m'en vante! madame Shoppen!.. mariée depuis un an, aujourd'hui... jour pour jour... c'est notre anniversaire, à telle enseigne que nous voulions le célébrer à la ferme... et que d'avance iious avions invité des villages voisins tous nos parents et amis... un fameux repas... un repas de noces... et plus gai encore... parce que (Hésitant.) OU n'a plus peur... au contraire!..

d'havrecourt.

Un tableau de Téniersî,. bravo! j'aime que l'on se divertisse.

JEANNE

Ah bien !.. Monsieur, votre neveu n'est pas comme vous!., parce qu'il est triste et ne voit personne... il ne veut, ni qu'on boive... ni qu'on chante, ni qu'on danse... ni qu'on fasse rien... quoi! c' n'est pas assez, ça! Des canards superbes qui sont \k tout plumés... et qui attendent... les pauvres bêtes!..

(Elle descend 4 gauclie.)

d'uavrecourt.

Gomment, c'est toi qui t'oppose à la joie de ces braves gens, tes fermiers?

RAOUL

Non, mon oncle... mais c'est impatientant... ce bruit... ces dames que Ton entendra d'ici !.. et puis Jeanne est toujours auprès de son mari... à lui faire des agaceries et des

mines... (ll remonte.)

JEANNE, avec aplomb.

Tiens! c'est notre homme!., il est à moi... (changeant de ion.) M. le curé le permet !

d'iIAVREGOURT, à Raoul.

Elle a raison !.. si tu ne veux pas du bonheur, n'en dégoûte pas les autres!.. Je prends tout sur moi, madame Shoppen; mon neveu consentira, et je m'invite, moi, au banquet et au bal.

JEANNE, sautant de joie<

Ah! quel Dtave homme!., (vivement.) et quel plaisir!., d'autant plus que voilà nos parents qui arrivent...' ce sont eux que j'ai rencontrés, en allant porter c'te lettre au château?

RAOUL, avee impatience.

Je t'ai dit de te taire.

d'hAVREGOURT, fronçant le sourcil.

Qu'est-ce que c'est?., une lettre de mon neveu... au château?

JEANNE, à Raoul.

Eh ! oui, Monsieur, quand vous me ferez des sighes... il n'y a pas de mal à cela... au contraire... (a d'Havrecourt.) Une lettre pour sa femme... qui est ma marraine...

d'hAVREG0URT> passant à Raoul.

Gomment! dis donc, dis donc... Tu as écrit à ta femme?..

RAOUL, baissant ja tète.

Cestvrai!..

D^HAVREGOURT, avec indignation.

Et comme tu me le disais tout à l'heure... pom* lui demander grâce?

JEANNE, à part.

Est-il possible!

RAOUL, d'un ton décidé.

Ecoutez donc, mon oncle, cela vous est facile à dire ! mais,

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