SCÈNE V
céder. ^ nouvelle humiliation^ que tu dois à ta soumission de ce matin...
JEANNE^ appuyant.
C'est juste !
d'havrecourt.
Et plus tu accorderas... plus on exigera...
JEANNE, de même.
C'est vrai!
d'havrecourt.
Ce qui te prouve que le chef de la communauté doit seul commander.
JEANNE, plus fort.
Très-bien.
d'havrecodrt.
Et se faire obéir.
JEANNE, plus fort.
Le vieux a raison... (a d'Hatrecourt.) Ah! pardon. Monsieur.
(Raoul remonte la scène et va s'asseoir sur le banc de gazon.)
d'iIAVRECOURT, souriant.
Vous trouvez, madame Shoppen?
JEANNE, pendant que Raoul, assis, regarde toujours la lettre.
Ma foi oui!., dans les commencements, moi, j'aimais à me divertir et à être belle, j'aurais tout dépensé en ajustements, et M. Shoppen (D'un air avantageux.) était si amourcux, que j'espérais qu'il ne ferait pas de résistance,., ah! bien oui!., halte-là, qu'il a dit. a Jeanne, tout le monde t'obéira dans la ferme, parce que Ves la maîtresse, mais tu m'obéiras à moi, parce que je suis le maître! » et le maître c'est le plus fort! (au public avec conviction.) et 11 est très-fort, M. Shoppen... Pour lors j'ai baissé la tête, et j'ai dit : c'est bon! (Avec gaieté.)
Air : A Vàge heureux de quatorze ans.
Depais ce temps, dès le matin.
Chacun d' nous est à son ouvrage; Viv' le travail! et point d' chafçrin; Chaqu' jour, j' nous aimons davantage.
Le jour de fête va venir.
On s' fait beir I on dans' sous V vieux chêne ! \J dimanche nous avons V plaisir, (Finement.)
Et r bonheur toute lu semaine.
RAOUL^ assis sur le banc.
En vérité! .
JEANNE
M. Sboppen est un si bon garçon , toujours gai^ toujours à son affaire... ne s'occupant que de sa ferme et de sa femme; n'aimant que Jeanne et la bière de Louvain ! (changement de ton.) Mais en revanche ^ quand il a dit un mot, il n'y a pas à répliquer ; aussi, il faut voir dans la ferme comme chacun le respecte, et ça fait que soi-même, on l'estime et on le considère davantage^ parce que celui-là qui cède à toutes nos volontés, comme de juste, on en profite, mais à part soi, quasiment on s'en moque!
RAOUL, laissant à ses derniers mots tomber la lettre qu'il tenait.
Ciel!
d'havrecourt.
Bravo, madame Sboppen! vous êtes sublime de morale et de bon sens. Venez m'embrasser!
. JEANNE, 'Toulant l'arrêter.
Et M. Sboppen!
d'havrecourt.
Il n'est pas là, et mon admiration est pour lui sans danger.
(n l'embrasse.)
JEANNE, après s'être essuyé le front.
Je l'aime, moi, ce vieux-là!
D HAVREGOURT, se retournant vers son neveu.
Eh bien, si tu veux me déléguer pendant quelque temps tes droits, qui ne servent à rien , si tu veux me laisser faire, et t'en rapporter entièrement à moi, je te réponds qu'avant peu ton ménage sera semblable en tout point à celui de M. et madame Sboppen.
JEANNE, faisant la révêrenoe.
Dieu! quel honneur pour nous!
RAOUL, oyee feu.
Tout ce que vous voudrez, mon oncle, si vous me rendez Gabrielie.
d'havrecourt.
Je te la rendrai douce, aimante, et plus encore... soumise.
(signe d'inerédttlité de Raoul à Jeanne.) Toi, Jeanne...
JEANNE, Yivement.
Qu'est-ce que j'aurai à faire?