SCÈNE XYII
JEANNE
Vous entrez par la porte... ou la fenêtre... à votre convenance!., qui peut y trouver à redire!., ah! si vous preniez ce chemin-là pour aller chez un autre...
d'havrecourt.
Elle est pleine de bon sens... cette petite!
JEANNE^ allant prendre l'échelle qu'elle dressa datant le balcon atee effort
Mamtenant je n'ai plus besoin de vous... là...
GABRIELLB.
Tu ne veux pas que je t'aide?
JEANNE
Non... je vais raccrocher au balcon.
GABRIELLB.
Prends bien garde !..
JEANNE
Ayez pas peur... ça me connaît!
GABRIELLE
Tais-toi donc!..
JEANNE^ très-bas.
Ça me connaît.
GABRIELLE, montrant la fenêtre.
Il y a de la lumière... il est chez lui... il pourrait nous entendre.
JEANNE, après que l'échelle est appliquée contre le balcon *.
Là... v'ià qu*elle est calée... hardi, marraiue^à l'aseaut!
GABRIELLE, touchant l'échelle.
Ça remue... dis donc, je n'oserai jamais!
•JEANNE
}e la tiens du pied... allez toujours!..
GABRIELLE, montant.
Tu la tiendras!..
JEANNE
MoA Dieu! que de (arimonies !..
GABRIELLB, redescendant.
Ah!
JEANNE
Quoi donc?
GABRIELLE
Gomment, avec mes jupes, enjamber ce balcon?..
* II est indispensable que Téchelle soit légère, très-solide, et armée de deux crampons. (Note dei auteurs»)
JEANNE
Bah! il n'y a que le premier écheloo qui coûte.
GABRIELLE
Tu crois?.,
JEANNE
Montez toujours... après on verra...
RAOUL, bas, à d'Havreeoart.
Mais elle va se tuer, raon^oncle...
d'hAYREGOURT, le retenant.
Laisse-la donc faire!., il y a un Dieu pour les amants!
RAOUL, à part.
Une pareille preuve d'amour!..
GABRIELLE, se baissant.
Ah! mon Dieu!
JEANNE
Quoi donc encore ?
GABRIELLE, qai a monté trois échelons.
Et mes jambes, si on les voyait!..
JEANNE, au publie.
Ah! ben! v'ià une idée!..
GABRIELLE
Mais certainement !..
JEANNE, regardant la ferme.
Mais, puisqu'on n'y voit goutte, il n'y a pas de lune !.. Et puis, tiens, quand on les verrait... elles sont bonnes à yoir! Allez, marraine !..
GABRIELLE, à moitié de l'éehelle.
Si tu savais comme j'ai peur! •
JEANNE
Vous v'ià à moitié...
GABRIELLE
Ah! mon Dieu! (En ee moment l'échelle tremble; GabritUe, effrayée,
descend.) Ah! jc tomberai... décidément je ne pourrai pas!
(ulle descend.)
JEANNE
Dieu! que c'est gauche, ces demoiselles comme il faut!., il
faut une rampe... (Ell.e enlève l'éehelle.)
GABRIELLE, à Jeanne qui porte Téchelle.
Que vas-tu faire '^
JEANNE, la posant au bout du baleon eontre la maison.
De ce côté-là... vous aurez le mur pour vous appuyer...
SG£N£ XVII. iOi
GABRIELLE
Oui... A la bonne heure!., j'aime mieux ça! (lei u roode rt-
prend à l'orchestre «t continue jusqu'à la fin de la scène.)
JEANNE
Dieu! si c'était moi!., en deux temps... je vous aurais... crac!., sans avoir peur que... Enfin... la v'ià qui se met en route...
RAOUL, bas. .
Eh! mais, je ne la vois plus!..
d'uavrecourt.
Tais-toi donc.
GABRIELLE, qui a déjà monté quelques échelons.
U me semble qu'on a parlé.
JEANNE
Cest des hiboux qui se promènent.
d'havregoort .
C'est bien flatteur pour nous !..
JEANNE
Eh bien , enfin. . . êtes-vous arrivée ?
GABRIELLE
Tout à l'heure... je tiens le balcon... (Elle est sur le balcon *,)
M'y voilà! (En ce moment d'Havrecoort qui a remonté Ters le fond du théAtre se met à tousser fortement.)
GABRIELLE
Dieu!., quelqu'un !..
JEANNE , s'enfnyant par le fond.
Sauve qui peut!
* d'HAVREGOURT , la retenant par la main au fond du théAtre.
•t à Toix basse.
C'est moi !
JEANNE à part.
C'est le vieux.
d'hAVREGOURT, toujours à voix basse et très-vite. Tiens! voilà pour toi! (il lui met une bourse dans la main.) À la
condition de courir au château... prévenir madame la marquise qu'il y a dans ce moment une jeune dame dans la chambre à coucher de mon neveu.
JEANNE, riant.
Quoi! vous voulez?...
^.Gabrielle fait comme si elle enjambait, avec peine, le balcon, qai doit être ouvert de ce côté. {Note des (tuteurs,)
iot une femme qïïi ss jette par la venétre.
d'hâyrbcourt.
Pas un mot de plus!
JEANNE
Ma foi oui!... ça s'ra drôle! et grâce au ciel^ ça s'ra vrai!
(Enlevant réebell« qni appuie contre la maison.) POUT pluS de SÛrCté , coupons-lui la retraite!.. (Elle sort en eounnt par le fond 4 ganebe. La masiqae cesse.)