‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 64 sur 211 · SCÈNE XYII · texte numérisé non relu

SCÈNE XYII

JEANNE

Vous entrez par la porte... ou la fenêtre... à votre convenance!., qui peut y trouver à redire!., ah! si vous preniez ce chemin-là pour aller chez un autre...

d'havrecourt.

Elle est pleine de bon sens... cette petite!

JEANNE^ allant prendre l'échelle qu'elle dressa datant le balcon atee effort

Mamtenant je n'ai plus besoin de vous... là...

GABRIELLB.

Tu ne veux pas que je t'aide?

JEANNE

Non... je vais raccrocher au balcon.

GABRIELLB.

Prends bien garde !..

JEANNE

Ayez pas peur... ça me connaît!

GABRIELLE

Tais-toi donc!..

JEANNE^ très-bas.

Ça me connaît.

GABRIELLE, montrant la fenêtre.

Il y a de la lumière... il est chez lui... il pourrait nous entendre.

JEANNE, après que l'échelle est appliquée contre le balcon *.

Là... v'ià qu*elle est calée... hardi, marraiue^à l'aseaut!

GABRIELLE, touchant l'échelle.

Ça remue... dis donc, je n'oserai jamais!

•JEANNE

}e la tiens du pied... allez toujours!..

GABRIELLE, montant.

Tu la tiendras!..

JEANNE

MoA Dieu! que de (arimonies !..

GABRIELLB, redescendant.

Ah!

JEANNE

Quoi donc?

GABRIELLE

Gomment, avec mes jupes, enjamber ce balcon?..

* II est indispensable que Téchelle soit légère, très-solide, et armée de deux crampons. (Note dei auteurs»)

JEANNE

Bah! il n'y a que le premier écheloo qui coûte.

GABRIELLE

Tu crois?.,

JEANNE

Montez toujours... après on verra...

RAOUL, bas, à d'Havreeoart.

Mais elle va se tuer, raon^oncle...

d'hAYREGOURT, le retenant.

Laisse-la donc faire!., il y a un Dieu pour les amants!

RAOUL, à part.

Une pareille preuve d'amour!..

GABRIELLE, se baissant.

Ah! mon Dieu!

JEANNE

Quoi donc encore ?

GABRIELLE, qai a monté trois échelons.

Et mes jambes, si on les voyait!..

JEANNE, au publie.

Ah! ben! v'ià une idée!..

GABRIELLE

Mais certainement !..

JEANNE, regardant la ferme.

Mais, puisqu'on n'y voit goutte, il n'y a pas de lune !.. Et puis, tiens, quand on les verrait... elles sont bonnes à yoir! Allez, marraine !..

GABRIELLE, à moitié de l'éehelle.

Si tu savais comme j'ai peur! •

JEANNE

Vous v'ià à moitié...

GABRIELLE

Ah! mon Dieu! (En ee moment l'échelle tremble; GabritUe, effrayée,

descend.) Ah! jc tomberai... décidément je ne pourrai pas!

(ulle descend.)

JEANNE

Dieu! que c'est gauche, ces demoiselles comme il faut!., il

faut une rampe... (Ell.e enlève l'éehelle.)

GABRIELLE, à Jeanne qui porte Téchelle.

Que vas-tu faire '^

JEANNE, la posant au bout du baleon eontre la maison.

De ce côté-là... vous aurez le mur pour vous appuyer...

SG£N£ XVII. iOi

GABRIELLE

Oui... A la bonne heure!., j'aime mieux ça! (lei u roode rt-

prend à l'orchestre «t continue jusqu'à la fin de la scène.)

JEANNE

Dieu! si c'était moi!., en deux temps... je vous aurais... crac!., sans avoir peur que... Enfin... la v'ià qui se met en route...

RAOUL, bas. .

Eh! mais, je ne la vois plus!..

d'uavrecourt.

Tais-toi donc.

GABRIELLE, qui a déjà monté quelques échelons.

U me semble qu'on a parlé.

JEANNE

Cest des hiboux qui se promènent.

d'havregoort .

C'est bien flatteur pour nous !..

JEANNE

Eh bien , enfin. . . êtes-vous arrivée ?

GABRIELLE

Tout à l'heure... je tiens le balcon... (Elle est sur le balcon *,)

M'y voilà! (En ce moment d'Havrecoort qui a remonté Ters le fond du théAtre se met à tousser fortement.)

GABRIELLE

Dieu!., quelqu'un !..

JEANNE , s'enfnyant par le fond.

Sauve qui peut!

* d'HAVREGOURT , la retenant par la main au fond du théAtre.

•t à Toix basse.

C'est moi !

JEANNE à part.

C'est le vieux.

d'hAVREGOURT, toujours à voix basse et très-vite. Tiens! voilà pour toi! (il lui met une bourse dans la main.) À la

condition de courir au château... prévenir madame la marquise qu'il y a dans ce moment une jeune dame dans la chambre à coucher de mon neveu.

JEANNE, riant.

Quoi! vous voulez?...

^.Gabrielle fait comme si elle enjambait, avec peine, le balcon, qai doit être ouvert de ce côté. {Note des (tuteurs,)

iot une femme qïïi ss jette par la venétre.

d'hâyrbcourt.

Pas un mot de plus!

JEANNE

Ma foi oui!... ça s'ra drôle! et grâce au ciel^ ça s'ra vrai!

(Enlevant réebell« qni appuie contre la maison.) POUT pluS de SÛrCté , coupons-lui la retraite!.. (Elle sort en eounnt par le fond 4 ganebe. La masiqae cesse.)

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