SCÈNE XIV
DIDIER, seul.
Oiii^ pour lire cette précieuse lettre avec le recueillement dû à une sainte chose... il faut être seul! Raymond, ton amitié, compagne de ma vie, ne m'a j'amais fait défaut, et elle te survit encore!.. Du fond de ta tombe tu me tends la main pour m'aider, me soutenir et m'arracher au déshonneur!.. (Regardant la lettre.) a A mou meilleur ami... à Didier, pour lui seul. » C'est bien son écriture!., (ouvrant la lettre.) Làdedans est tout son cœur... là-dedans sa dernière pensée!., et elle a été pour moi!., pour moi!., (n porte le lettre à sei
]«Trei ; puis il 9'assied et lit lentement.) (( Didier, je u'al OU après
toi qu'une affection dans ma vie... une jeune femme... on m'a juré qu'elle me trompait... je n'ai plus voulu la revoir, ni elle... ni son fils, qui pourtant était le mien... Aujourd'hui, mais trop tard... j'ai des doutes... tout me porte à croire que des parents éloignés... des parents avides... avaient intérêt à m'abuser... Si je reviens à la santé... si je retrouve la mère de mon fils... je réparerai mes torts, mais d'ici-là... je suis tourmenté... j'ai des remords!.. Par un testament que j'ai confié à Montmorin , j'ai légué tous mes biens à toi, mon meilleur ami, à toi qui es plus riche que moi et qui n'en as pas besoin... Plus tard, car je me sens bien fatigué... je te donnerai tous les renseignements nécessaires, et si ne n'ai pas la force de refaire moii testament, je m'en fie à ton honneur!., je te charge de remettre mes biens à Charles mon fils, qui est aussi mon filleul... » — - ciel! et cet argent que Montmorin doit
134 DIDIER L'HONIftTE HOMHE.
^ avoir enyoyé !.. moi!., disposer de ce bien qui ne m'appar^ * tient pas!., ah! courons!..