‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 115 sur 446 · SCÈNE VIIL Les précédents^ excepté MADELEINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL Les précédents^ excepté MADELEINE

DE LA DTJRANDIÈRE^ à Ubie, examinant les tableaux.

Ce n'est pas mal> pas mal^ vraiment; à la manière de Rubans. Vous ne connaissez pas Rubens? un grand, un fort, qui en son temps a fait des lithographies superbes. Eh mais ! je ne me trompe pas, regardez donc !

M. DE GERYAL.

Le portrait de ma nièce !

MADAUE DE SÉNANGE.

Mon portrait!

DE LA DURANDIÉRE.

Et parfaitement ressemblant.

H. DE GERYAL.

Tu avais donc prié monsieur Armand de te peindre?

MADAME DE SÉNANGE.

Oui, om, mon oncle, (a part.) Gomment! en secret, et sans m'en prévenir, il aurait eu l'idée!... quelle inconséquence!..

DE LA DURANDIÉRE.

De plus, ime romance, de petits vers à Adèle.

M. DE GERVAL.

Adèle ! c'est ton nom : est-ce que tu Tas prié de te faire aussi des romances?

MADABIE DE SÉNANGE.

Moi! non, mon oncle... il aura choisi le premier nom venu.

DE LA DURANDIÉRE.

Joli, joli... Moi, ce que j'aime , c'est la romance chevaleresque : dès qu'il y a des troubadours, c'est mon genre.

Air : Mais les devoirs de la chevalerie.

Au temps heureux de la chevalerie^ Galant guerrier et vaillant troubadour^ Pour mériter châtelaine jolie, J^aurais chauté, combattu tour à tour.

Tout est chanté : les dames, moins rebelles. Aiment celui qui sait les provoquer; Je serais mort pour défendre les belles. Et je ne vis que pour les attaquer.

plutôt... paroles et musique de M. Trois Étoiles, auteur

très-connu. J'ai ches moi toutes ses œuvres, avec accompagnemeDtde violon.

Je vais voiis déchiffrer cela. Hein!... hein!... ah diable! moi qui ai la vue basse, et qui n'ai pas lunettes ! Que diable en aije fait? Non, je ne les ai pas sur moi; je les aurai perdues en route, et je ne sais comment je vais faire de toute la soirée. Est-ce que vous n'en avez pas, vous, de La Durandiëre?

DE LA DURANDIËRE.

Moi, des lunettes! j'ai une vue superbe; je découvre dans

la campagne à deux Ueues à la ronde, (ii nom is cniste qui «t duu U Ibod.) Voilà dans la cour une chaise de poste qui va partir.

HkDAHE DE SÉNANGE.

1) s'ëloigne! et sans me donner l'explication de cette conduite 1

Un monsieur en besicles vient de monter en voiture, et voilà qu'elle roule.

MADAME DE SËNANGE.

C'est flni!

DE LA DURANDIËRE, k lu tioilTe.

Postillon ! postillon '. arrêtez !

M. DE GERVAL.

Eh bien! que faites-vous donc?

DE LA DURANDIÉRK.

Laissez-moi donc, la voiture s'arrête. ..Monsieur, Monsieur! je ^ un instant. Oui... ici... au salon...

J'j ous dire.

H. DE GERVAL.

est votre dessein?

DE LA DURANDIËRE.

i prendre ses besicles, puisqu'il en a et tu 3. L'idée est bonne, et nous allons rire.

M. DE GERVAL.

Quoi! vous croyez qu'il consentira?...

Eh ! parbleu ! il le faudra bien.

MADAME DE SËNANGB.

Et s'il se fiichait?

DE LA DURANDIÈRE.

Eh bien ! je serai là; c'est ce que je demande : intrépide et goguenard, c'est ma devise.

M. DE GERYAL.

C'est égal; je vous prie, mon cher ami, de vous modérer; je serais désolé que cela sortît des bornes d'une simple plaisanterie, parce que vous sentez bien qu'ici, chez ma nièce, un joiqr où il y a du monde... Voilà justement deux, trois voitures qui entrent dans la cour; c'est toute notre société.

MADAME DE SÉNANGE.

Eh mais! mon oncle, allez les recevoir dans le granij salon ! moi, je ne suis seulement pas habillée.

M. DE GERVAL.

C'est juste; mais surveille un peu ce diable de La Durandière, car il a une tête...

MADAME DE SÉNANGE.

Je ne reste que pour cela.

M. DE GERVAL.

Et vous, mon cher, songez à ce que je vous ai dit.

DE LA DURANDIÈRE.

Mais soyez donc tranquille, je n'irai pas lui mettre le pistolet sur la gorge : on a de l'esprit, ou on n'en a pas. (il rit.) Ah! ah!

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