‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 117 sur 446 · DE LA DURA1NDIÉRE · texte numérisé non relu

DE LA DURA1NDIÉRE

Dites donc, est-ce que vous tenez beaucoup à vos besicles ?

ARMAND

Pourquoi, Monsieur?

DE LA DURANDIÈRE.

Oh! rien : c'est que ce n'est pas l'usage; il n'est pas convenable d'accompagner une dame avec des besicles.

ARMAND

Dans un concert, peut-être; mais ici, sans cérémonie...

DE LA DURANDIÈRE.

Oh ! c'est égal; ce que je vous en dis, c'est dans votre intérêt, et vous ferez bien de ne pas les mettre.

ARMAND

Je vous remercie, Monsieur; mais autant les garder.

DE LA DURANDIÈRE.

Non pas, je suis votre ami; vous ne les mettrez point, ou vous ne jouerez pas.

ARMAND

La plaisanterie est sans doute fort agréable; mais vous ne faites pas attention que Madame est là qui attend, (a madame de sénange.) Mille pardons, Madame.

DE LA DURANDIÈRE.

C'est égal, je ne vous rends pas votre archet.

ARMAND, jetant ses besicles sur la table.

Monsieur, finissons-en ; je n'y tiens pas, puisque je connais l'accompagnement par cœur; mais vous voyez que Madame

s'impatiente, (a madame de Sénange.) Je Suis à VOUS.

DE LA DURANDIÈRE.

Oh ! maintenant, je vous rends les armes. (En s'en allant.} Je savais bien que je l'y forcerais. Allons trouver l'oncle; je l'avais bien dit, intrépide et goguenard, c'est ma devise, (il sort en

faisant un signe d*intelligence à madame de Sénange , et en montrant les lunettes, qu'il emporte d*un air triomphant.)

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