ARMAND, MADAME DE SÊNANGE
MADAME DE SÉNANGE.
Ah ! Monsieur, combien je suis contente de vous ! j'ai peine encore à le croire... si vous saviez à quel point cette preuve d'amour m'a touchée ; mon oncle m'a tout dit , j'en connaissais déjà une partie; mais c'est surtout votre dernière entrevue...
ARMAND
Coûïmcnt! notre dernière entrevue?
MADAME D^ SÉNANGË.
Oui; monsieur de La Durandièré lui a raconté qu'il venait dans l'instant même de vous rencontrer seul dans une allée du parc, qu'il vous avait proposé, dans le cas où vous vous croiriez offensé, de vous donner satisfaction, et que vous l'aviez refusé.
ARMAND
Hoi> Madame! qui a pu vous dire cela?
Madame de sénamge.
Comment! vous auriez accepté?
ARMAND
Du tout. Madame, du tout.
MADAME DE SÉNANGB.
A la bonne heure , vous ne pouviez me donner une plus grande marque de tendresse; et depuis ce moment, je puis voas l'avouer, je crois que je vous aime.
ARMAND
Dieu! il se pourrait! Vous voyez. Madame, le plus heureux elle plus désespéré des hommes, car ce monsieur deLa Durandièré est un inaigne imposteur que je n'ai seulement pas vu.
MADAME de SÉNANGE.
S'il en est ainsi, je rétracte l'aveu que je viens de faire.
ARMAND
Non, Madame; non, gardez-vous de vous dédire; mais, je vous en supplie, rendez-moi ma parole, pour aujourd'hui seulement ; je vous jure bien qu'à dater de demain...
MADAME DE SÉNANCR.
Quoi! à peine une demi-heure s'est écoulée, et vous trouvez déjà notre traité trop pénible à exécuter? vous êtes le maître, Monsieur; mais cooune je tiens mes serments plus ûdUement
Ï70 PARTIE ET RErANCHE.
quelqu'un qui , comme tous, cultive avec succès les beauxarts ; car je ne suis par encore revenu de la surprise où m'a jeté le portrait de Madame. Si vous vouliez me donner votre adresse, de retour à Paris, je vous emploierais; car vous ne croiriez pas que je me suis déjà fait peindre deux ou trois fois, . et que l'on n'a jamais pu m'attraper.
ARHAND,le regardant.
Cela m'étonne! Du reste, voici l'adresse que vous voulez
t»en me demander, (ll Un da ua portclgaillc m» carte qu'il lai pté- DUBinDlAHE.
s, LieDTEHAKT-coLonEL. Comment,
Mon véritable nom.