SCÈNE IV
LOUISE^ mettant la chaîne à son coa. .
Oui, oui^ il faut vous marier; c'est si gentil... Regardez donc comme ça brille... Et puis, quand vous voudrez, vous ne manquerez pas d'amoureux.
ANTOINE
Pour ça, j'en réponds; car moi, qui vous paile, j'en connais plus d'un.
RODOLPHE, qui est à la table, et qui a donné plusieurs fois des marques
dMmpatienee.
Viens donc au moins m'aider, je ne sais pas si j'ai là ton compte.
ANTOINE, sans le regarder.
Eh ! va toujours, je m'en rapporte à toi. (a Thérèse.) Et ceux dont je vous parle là, mademoiselle Thérèse, ce sont des gens qui vous recherchent pour vous, et non pour les écus de votre frère.
RODOLPHE
C'est pour toi que je fais ce bordereau ; si tu ne viens pas examiner...
ANTOINE
J'y suis, j'y suis, mon ami : vingt, vingt-cinq, trente; voilà trente mille francs, (a Thérèse.) Vous penserez à ce que je vous ai dit, à vos moments perdus, à votre aise, parce que j'ai pour vous un jeune homme en vue.
LOUISE
Je gage que je le connais?
ANTOINE
Je te dis que non.
LOUISE
Je te dis que si.
ANTOINE
Eh ! je te dis que non.
RODOLPHE, iropatiensé, les interrompant.
Ah çà, morbleu! finirez-vous? Il me semble que, quand il s'agit d'affaires , on doit être à ce que l'on fait.
Eh bien ! qu'est-ce qu'il te prend donc? j'y suis plus que toi. (Regardant le bordereau.) Quarante mille francs en effets, les voici. Plus, dix mille francs comptant.
880 ROJDOLPHE.
RODOLPHE
Ou c'est tout comme : un billet passé à mon ordre, que je dois toucher aujourd'hui chez Durant, négociant.
ANTOINE
Eh bien ! cours vite les chercher pendant que je vais arrêter les comptes et signer le reçu.
RODOLPHE
Us ont un caissier qui va me tenir un quart d'heure.
LOUISE
Encore des retards, raison de plus pour se presser. (Prenant le
>, bras de Rodolphe.) J'y vais aveC VOUS.
ANTOINE
Eh bien ! allez vite, allez donc.
LOUISE, tn Borttlit.
Ne VOUS faites pas attendre, c'est pour midi. (EUe sort aTec r«.
dolpbe.)