SCÈNE VII
pour vous trahir. Moi qui tous les jours les laissais ensemble; moi qui ce matin encore le vantais à Thérèse ^ tandis que depuis longtemps j'aurais dû me douter de ses projets! (s'arrètant deTant Thérèse.) Eh bien ! VOUS pleurez^ VOUS êtes désolée de son départ.
THÉRÈSE
Oui, sans doute : mais plus encore d'avoir vu mon frère injuste et cruel; c'est la première fois.
RODOLPHE
C'est votre faute, pourquoi m'avez-vous trompé ?
THÉRÈSE
Moi!
RODOLPHE
Oui, vous n'avez rofusé ce matin M. MuUer, ce jeune officier, que parce qu'en secret vous aimiez Antoine; non pas, comme je vous l'ai déjà dit , que vous ne soyez libre dfe l'épouser, ce n'est certainement pas moi qui vous en empêcherai, mais j'ai dû être blessé de votre manque de confiance.
THÉRÈSE
Comûient ! tu peux supposer que monsieur Antoine...
RODOLPHE
Vous me ferez peut-être accroire que tantôt, ici, il ne vous a pas parlé d'amour ?
THÉRÈSE
Pourquoi le nierais-je? c'est la vérité.
RODOLPHE
Vous voyez donc bien qu'il voulait vous séduire.
THÉRÈSE
Il m'a offert son cœur, sa fortune et sa main.
RODOLPHE, à part.
Le perfide ! (Haut.) Et je suis arrivé au moment où il vous remerciait.
Oui, il me remerciait de mon amitié, car c'est la seule chose que je lui aie accordée.
RODOLPHE
Que dites- vous? Vous lui auriez répondu...
THÉRÈSE
Que je l'acceptais pour ami, et non pour époux.
RODOLPHE^ confondu.
Quoi ! .
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