SCÈNE PREMIÈRE
GOURYILLE, seul.
Neuf heures, et tout le monde dort encore, à ce qu'il parait. C'est étonnant, comme on se lève de bonne heure à la campagne! il n'y a pas de mal, cela donne aux personnes diligentes le temps de réfléchir. Certainement c'est un grand malheur d'être riche ; mais un plus gi*and encpre, c'est' d'être riche et garçon. On se persuade au premier coup d'œil que le célibat et la fortune vont nous procurer l'indépendance et la liberté, je le croyais aussi; eh bien! pas du tout : on est astreint à une foule d'obligations, de devoirs, de convenances, qui nous arrivent toujours par privilège. Une dame a-t-elle à faire des courses, des emplettes : ah ! je m'adresserai à M. de Gourville.
Air : A soixante atiM.
Bien obligé... grâces à leur méthode.
Mon revenu devient insuffisant;
Car pour mieux se mettre à la mode.
Ces dames n*ont jamais d'argent:
Jw'une, OD peut bleu se ruiner pour elles,
T. Xil. ' 1
2 li'HÉRTTlÈRE.
On a p6ur soi les dcJbmitiagemeDU; Or^ un garçoD qui passe cloquante ans Est bien encor le trésorjer des beUe:$^ Hais il n'a pliis, hélas! d'appointemehls.
Ce ne serait rien encore; itiais un bomme riche et célibataire est exposé ^ des tribuUtions d'un ordre pieii plus élevé. Par exemple, j'ai une belle fortiiiie et un neveu qui n a pas un sou de patrimoine; eh bien ! t'ôUt l'ô monde s'attend à me voin lui donner un établissement^ tou^ le monde y compte, et luimême le premier. J'ai quarante mille livres de rente, c'est vrai, nlttfe c'est ]^bur rioi. Cétiéii'dant, on est esclave dfe l'opinion; on est victime de là Wputâtion de bonté et d'amabilité (Jd^ori s'est acquise et qu'on veut conserver. Comment faire? Se ma- . rier serait peut-être le plus convenable. Si je me mariais, si ! j^épôUsàls jèi madàtpe de Melval^ la nièce de inbil àmi ]e tomj marideur, qui nie l'a destinait... Bah! une jeune veuve qiii n'ailra petit-être ()ue dix mille livres dfe riente d^ns 1^ fticcession, ce n'esl pas assez pour moi, qui en ai quarante ! Je puis trouver mieux. Mais quand j'y pense, mon neveu! mon neveu qui n'a rien, cela lui conviendrai^ à n^enreUle.
Am de Préville ef Taconet,
Si je lui laisse une riche héritière.
Qui ni'appàrlierîl et dont je iié veux point. C'est, lui d'bnnabt ube fortune entière, t*our mon repos Tenchaîner eh tout pbitil i Je puis iilors songer au mariage.
Je '^w\% avoir plus d*uh enfant,
Sans eraindre qti^m nisirea galant Après ma mert prenne Mon héritage
£t ma femme dé taioii vivant.
C*est déîcidé> fé ferai ce mariage, ta sieùle 4ifficuU^, c'est d'y feii'e c'ôri^eiitir hioh lievëu et ihadâiné de Itèlval, jjui qe sopt pas.prévéhuè, el qui iie se âbutént de rien; mais iuori neveu aime toutes les femmes ; ainsi il y aurait bien du malheur s'il allait une fois par has§fd ,. plt, quant à Agathe de Melval, elle a confiance en moi, et f^ra tout ce que Je voudrai. Justement la voici.
MdkM it. 3