‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 182 sur 446 · GOURVILLE, GUSTAVE · texte numérisé non relu

GOURVILLE, GUSTAVE

GDSTAVK.

Ah! mon oncle, vous voilà! que je suis content de vous retrouver encore ici.

Est-ce qu'il y a des nouvelles?

GUSTAVE

P'excellentes; et tout va à merveille.

GOURVILLE, à part.

Ah! mon Dieu!

GUSTAVE

Madame de Melval se promenait dans la grande allée, à côte d'une vieille dame de ses parentes, qui dans ce moment, par bonheur, a une migraine ailreuse. Pour faire le moins de bruit possible, je lui parlais à demi voix, et de très-près. Vous ne vous imaginez pas le charme d'un pareil entretien ; il éta-

SGÊNi: X. 23

Wit une espèce d'intimité et de mystère; c'est presque un tête à tête.

GOURVILLE^ à part.

Dieu ! est-il mauvais sujet !

GUSTAVE

En un tour de promenade, on était fatigué; je me propose pour cavalier, et je pressais légèrement le plus joli bras du pponde.

GOURVILLE

Gomment, Monsieur, vous avez osé?...

GUSTAVE

Ohl ce n'est rien encore. ïai un peu doublé le pas, nous nous somipes presque trouvés seuls. Alors j'ai mis en usage tout ce que l'amour a de plus tendre et de plus touchant. J'ai ^é pathétique, éloquent^ j'q pleuié; entln, mon oncle, j'ai 'été content de moi, et je crois qu'on l'a été aussi, car elle était émue; et un autre avantage de ma position, car vous n'avez pas oublia qu'elle me donnait le bras, le bras de gauche :

Air du Fleuve de la vie.

De mes discours avec adresse Observant Teffet séducteur, A chaque mot, avec ivresse,

(Montrant son bras.) Je sentais \k battre son cœur.

Ce trouble, cette douce extase Voulaient, par uo silence heureui.

Dire : « Je vous aime..^ » et ses yeux Ont achevé la phrase.

GOURVILLE

Gomment! ses yeux ont daigné dire...

PUSTAVE,

En propres termes; mais elle a fait mieux, elle m'a accordé un rendez-vous.

GOURVILLE

Un rendez-vous !

GUSTAVE

Oui. En quittant ces dames, j'ai dit que jallais au salon, pour y faire de la musique, et je suis sûr que dans un instant elle y va venir.

24 L'iUBRlTlÈILE.

GOURYILLE.

Pour cela, tu me permettras d'en douter, (a part, regardant dans le jardin.) Dieu ! je l'aperçois.

GUSTAVE, avec joie.

Tenez, tenez, mon oncle, la Toyet-Tous? Ah! que je suis heureux!

GOUBYaLE.

Un instant; elle se promène tranquillement sur cette terrasse.

GUSTAVE

Mais sans doute, elle ne peut pas venir ici tout de suite. Elle fera négligemment deux tours de promenade, et avant d'entrer dans son appartement, elle passera, par mégarde, dans le salon, où elle me trouvera par hasard. Voilà toujours comment cela se pratique dans ce que nous appelons un rendezvous tacite,

GOURVILLE , à part.

Je ne l'aurais jamais cru si savant. (Haut.) Mon ami, puisque tu es sûr d'être aimé, voilà le moment de lui déclarer que tout ceci n'est qu'un jeu...

GUSTAVE, un pen embarrassé.

Oui, mon oncle, oui, sans doute; c'est bien là mon intention ; d'ailleurs, nous en sommes convenus.

GOURVILLE

C'est bien. Nous allons nous divertir. (s*asMyant.) Et je vais jouir de ton triomphe.

GUSTAVE

Gomment! vous comptez rester là?

GOURVILLE

Certainement. Sans cela la gageure est manquée, et notre vengeance est nulle. Songe donc que c'est devant moi qu'elle 'a déûé!

C'est pour cela que devant vous elle n'osera s'expliquer, ni me fîaire un aveu. Votre présence va tout gâter.

GOURVILLE

Eh bien ! à la bonne heure.

Air : Quil est flatteur d*épouser celle.

D'ici, je pourrai vous entendre.

Nous allons rire à ses dépens.

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