SCÈNE XÎV. 10r
DUCROS
J'espère du moins que j'aurai. la pratique de ces Messieurs et surtout de Madame, pour les bas, les mitaines, et tout ce qui concerne la bonneterie.
VICTOR, qai a tiré la lettre de ta poehe<
Non pas, nous nous fom-nirons ailleurs; j'ai accepté votre quittance (Lui rendant la lettre.) et VOUS donne congé.
PUGROS.
Dieu! mon épître de ce matin !
VICTOR
Que j'aurais dû remettre à madame Ducros.
Mais quand on est heureux, qu'on pardonne aisément!
AUGUSTE
Allons, mes amis, ne parlons plus d'amour; ne pensons qu'à la gloire, rappelons-nous que nous devons' remplacer un jour, (a Victor.) toi, Girodet, (a Scipion.) toi, Marjolin et Dupuytren, et moi, Boïeldieu. Je reprends ma lyre; toi, reprends tes pinceaux, et toi retourne à tes malades.
M. FRANVAL
Et tant que je serai là, il n'en manquera pas; car vous êtes de braves jeunes gens, de véritables artistes.
SCIPION, passant entre Auguste et Victor.
Mes amis, la fortune nous sourit, le premier pas est fait; nous n'avons plus maintenant qu'à nous lancer dans la cai*rière; mais, quand nous serons célèbres, quand notre réputation sera taiie, quand tous trois, riches et contents , nous ndus verrons dans un bel apparteirient doré, rappelons-nous, toujours ces modestes lambris, et les difficultés qui entourèrent nos premiers pas. (a Victor.) .Et quand un jeune peintre t'apportera sa première esquisse ; (a Auguste.) quand un jeune musicien te montrera sa première partition ; quand un jeune confrère viendra me consulter, encourageons leurs faibles essais; secourons-les de notre amitié, de notre bourse, de nos conseils; et n'oublions jamais que ce qu'il y a pour eux de plus difficile au monde, c'est le premier pas dans la carrière.
VAUDEVILLE
Air : A GenneviUiêrs.
VICTOR
Peines, hasards, misères et souffrances.
Dans les beaux-arU, voiià comme on commence;
L'orage cesse Et le ciel s'éclaircit;
HoDDeur^ richesse.
Voilà comme on flnit.
SCIPION
En commençant, Racine eut une cbnte.
Souvent, hélas f Toiià comme on dfébtite; Mais le génie S'élève et s'aggrandit; Phèdre, Athalie, Voilà comme on finit.
DOCftOS.
D'un romantique à renommée immense.
On prend un tome : à le lire on commence ; Sur la montagne Où l'auteur vous conduit, ' "Le sommeil gagne.
Voilà comme on finit.
AUGUSTE
On va grand train chez les gens de finance ; Chevaux, landau, voilà comme on commence Puis, chose unique.
Le landau vous conduit Jusqu'en Belgique, ' Voilà comme on finit.
M. FRANTAL.
J'-étudiai l*taomme dès sa naissance.
Amour, hymen, grâce à vous on commence ; Guerre assassine.
Médecin érudit.
Et médecine.
Voilà comme on finit.
CAMILLE, au public.
Plus d^une pièce avant la fin culbute; Le cœur tremblant, voilà comme on débute ; L*ouvrage avance^ Pas de funeste bruit; ^
De l'indulgence, Voilà comme on finit.
LA