LÀ HAINE B^UNS VEMME
cepté, parce que je croyais trouver ici la campagne; point du tout; j'y ai trouvé tout Paris; cinq ou six familles réunies, des dames élégantes, de jolies demoiselles; et tous les soirs des bals, des concerts, de la musique de M. Rossini. Je ne suis pas là dans mon élément, et il me tarde que les vacances finissent.
URSULE
Quoi! Tou^ êtes professeur, et vous n'aimez pas les vacances? Vous n'avez donc pas besoin de prendre quelque repos?
PHILn»P0N.
Jamais; je me repose dans ma classe; c'est là que j'existe, que je suis beureux! J'ai besoin de faire mon cours de grec, de voir mes^èves, d'être au milieu d'eux. C'est tellement une habitude, qu'à Paris, dans les vacances, je me trouve tous les matins , sans savoir comment, à la porte du collège de France. Hélas! la grille est fermée, la coiir est déserte, et je reviens .tristement chez moi attendre la fin de mon e;dl, le premier novembre.
imSDLE.
Je comprends : c'est un intérim dans votre existence; mais à cela près, rien ne manque à votre bonheur.
PHtLIPPON.
Si, vraiment, et à vous. Madame, je peux le confier; car, de toutes les dames que je vois dans le monde, vous êtes 1^ seule avec qui je me trouve à mon aise, (u va placer ses deux iWres sur u
table à gauche.)
URSULE, à part*
Encore une conquête! je suis vouée à la vieillesse : tout ce qui passe soixante ans tombe dans mon domaine.
PHILIPPON
' 11 y a hien longtemps, j^avais un ami Intime, Un ami de collège; c*étàit bien le plus honnête honimé et lé plus Brave militaire... Pauvre Geoi'ges ! il fut bleésé à mort dans un combat; et si je vous montrais la lettre qu'il m'écrivit à ses derniers moments... Nous n'avons rien dé plus beau dans Tite* LivBy ni dans Tacite, n Mon cher Antoine, me disait-il, tu as (( été mon meilleur ami ; je te donne ce que j'ai de plus préci cieux : je te laisse mon fils; je te lègue le soin de l'élever, (( de l'établir. y> Et vous sentez biién qu'on ne refuse pas une