‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 262 sur 446 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Que ma sœur me le permette ; C'est souvent bien ennuyeux.

JULIETTE

Entre sœurs on~doit être unies^ Alors^ quand on nous fait la cour^ Nous conyenons de notre jour;

Et nous ne sommes jolies

Que chacune à notre tour.

(Allant à madame de SainyiUe.) Ah! VOUS YOilà, Madame; puisque

vous travaillez, nous allons en faire autant, (sues s'assoient à

droite, auprès de la table,' et prennent leur ouvrage.)

PHILIPPON^ prenant un livre sur la table, à droite.

Je ne dérange pas ces dames?

JULIETTE

Nullement.

PHILIPPON, à part.

Gomment entamer la conversation? (a Ursule.) J'espère que que vous allez m'aider un peu. (a MaWina.) 11 me semble^ mademoiselle Malvina^ que vous n'êtes pas aujourd'hui ' d'une gaieté...

JULIETTE

Ne faites pas attention, c'est par habitude : ma sœur pense qu'une jeune personne doit être mélancolique, c'est meilleur genre.

AiH du Piège.

Dans les salons, c'est la mode à présent. > De la gaité craignant Tempire,

Ma sœur est heureuse en pleurant ;

Pour s*amuser elle soupire,

Pour moi j'ai d'autres sentiments^

Je pense qu'une demoiselle Doit toujours rire et laisser aux amants

Le soin de soupirer pour elle.

PEILIPPON.

Certainement, vous avez bien raison; mais votre sœur n'a pas tort; et hier encore, Léon, mon pupille, me taisait observer... (Bas, à Ursule.) Je crois que nous voilà. (Hau|.) Léon, mon élève, me disait qu'il vous trouvait très-aimables.

Jl'LïETTE.

Ah! vraiment?

422 LÀ HAINE d'une FEMlfE.

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