‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 261 sur 446 · URSULE, PHILIPPON · texte numérisé non relu

URSULE, PHILIPPON

PHILIPPON

Je suis enchanté^ Madame^ de vous retrouva: encore ici. Où est donc Léon?

URSULE

Léon? je ne sais^ il y a longtemps qu'il est passé dans lè jardin.

PHILIPPON

Tant mieux^ car devant lui je n'aurais pas osé m'exphquer. Je vous disais bien ce matin que vous aviez coQtr^ lui de l'antipathie, et j'en ai maintenant la preuve. Clairval, avec qui je viens de causer, avait pour lui des projets d'établissement : il voulait lui donner une de ses cousines, et c'est vous. Madame, qui l'en avez dissuadé.

URSULE, avec embarras.

Moi, je ne dis pas non. Mais ce mariage était peu convenable; et d'ailleurs, pour l'empêcher, il y avait des motifs inutiles à vous apprendre.

PHILIPPON, avec mystère.

Nous les connaissons comme vous.

URSULE

Que voulez-vous dire ?

PHILIPPON

Voyez comme vous êtes injuste! vous croyiez que Léon aimait madame de Melval : il n'y pense seulement pas.

Vraiment? Eh! mon Dieu! je l'ai dit, parce qu'on le disait, sans y attacher d'importance. '

' PHILIPPON

Il aime ailleurs. Nous avons ici M. Dermont, le receveur, un ami du père de Léon; il a deux ûlles çfiarmantes, que mon pupille a connues très-jeiiries : c'est l'ûiie d'elles qu'il aime.

URSULE

Vous en êtes bien sûr?

PHlLjPPON.

Oui, vraiment. 11 s'est trouve l'autre semaine avec M. Dermont à une partie de chasse, et lu^ a parlé, avec beaucoup de trouble et de timidité, du bonheur d'être de sa famille. Il connaissait, disait-il, quelqu'un qui serait bien heureux d'être son gendre, enfin, ce qu'on dit en pareil cas; et il allait fake la demande formelle ; mais M. Dermont, en homme prudent et beau-père expérimenté, a rompu la conversation pour se donner le temps de préparer sa réponse et de prendre un parti. Il a consulté Clairval, qu| m'a fait appeler. Nous en avons délibéré tous les trois, et si maintenant vous voulez nous seconder...

URSULE

Moi, Monsieur, je ne vois pas à quoi je peux vous être utile.

PHILIPPON

D'abord à connaître c^lle des deux sœurs dont il est amoureux! car nous ne savon$ paa encore laquelle; ensuite, pour décider la jeune personne, il faudrait... mais taisons-nous, car voici ces demoiselles.

SCÈNP VI.

]L£S précédents; MALYINA, tenant un liyre, et JULIETTE, im papier

de musique. '

(▲ Centrée de Juliette et ()e Malvina, Ursule Ta s'asseoir auprès de ta table à gauche, et Philippon Ta du côté de la table à droite.)

Air ; Povera Signora (du Concert a la cour.) Oui, je vois Qu'à ma Yoix Il va sans peine.

Quel marcëau !

i^ LA HAINE d'une FEMME.

Rien n'est beau Comme cela!

Ab! ab! ab! ab! ah!

MALVINA, soupirant.

Ah! quel bonheur! sur la rive lointaine. De confier son secret au vieux chêne I

JULIETTE, chantant.

Ah! ah! ah! ah! ah!

(Allant à Philippon.) Oui, ma sœur.

Par malheur.

Est romantique.

{a MaWiaa.) Jours et nuits Tu gémis.

Et moi, je ris.

Ah! ah! ah! ah! ah!

PHILIPPON, kjpwct.

L'une sourit, l'autre est mélancolique ; Faisons ici briller ma rhétorique.

ENSEMBLE

PHILIPPON

Notre projet, je crois, réussira.

JULIETTE, chantant.

Ah! ah! ah! ah!

MALVINA , soupirant.

Ah! ah! ab! ab!

PHILIPPON, aux deux demoiselles.

Vous avez ce matin des toilettes charmantes !

JULIETTE

Ne m'en parlez pas ! mon père veut toujours que nous soyons habillées de même, sous prétexte que nous sommes sœurs; c'est tyrannique : parce que je n'aime qixe le bleu; il me va très-bien.

MALVINA^ soupirant.

Et moi^ le rose.

Aia : Vos maris en Palestine.

Il faut, pour que je me mette Selon mon goût et mes vœux.

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