SCÈNE XIV
URSULE^ LEON, entraat par le fond.
LÉON
Je viens, Madame, vous faire mes adieux.
URStLÉ.
Quoi! vous partez?
132 LA HAINE d'une FEMME.
LÉON
Mou tuteur m'emmène à l'instant même à Paris pour une affaire importante. Je voulais m'éloigner sans vous revoir mais je vous ai entendu accuser d'une trahison à~ laquelle je ne puis ajouter foi, surtout après la manière dont vous m'avez accueilli ce matin; et je viens vous demander à vousmême de démentir de pareilles calomnies.
UJtSULE.
Quelles sont-ôlles?
LÉON
Je n'ignore pas combien je vous suis indifférent; depuis longtemps je n'ai plus de droits à votre amitié ; mais en quoi aurais-je mérité votre haine?
URSULE, à part.
Nous y voilà.
LÉON
Est-il vrai que vous avez fait rompre un mariage qu'à mon insu on projetait pom* moi?
URSULE
Oui, Monsieur.
LÉON
Quoi! vous ne le niez pas?
URSULE
Léon, je vous ai dit la vérité; mais vous ne pouvez connaîti'C les motifs qui me faisaient agir.
Parlez.
URSULE
Plus tard je vous les dirai, je vous le promets , ce soir, demain; en attendant, ne partez pas, restez encore, je vous en plie.
LÉON
Je ne le puis, Madame.
URSULE
■ Quelle affaire si importante vous rappelle à Paris?
LÉON
Deux mots expliqueront le changement survenu dans ma situation ; depuis quelques moments je ne suis pas plus heureux, mais je suis plus riche.
URSULE.'
Que dites-vous? •