‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 274 sur 446 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LÉON

Jusqu'ici, grâce aux bontés de mon tuteur, je ne m'étais pas aperçu de mon manque de fortune; d'aujourd'liui seulement j'ai vu à quels dédains, à quelles humiliations il m'exposait ! J'ai vu qu'il n'y avait pour moi ni amour, ni amitié à espérer, et je voulais fuir à jamais un monde qui me repoussait, lorsque M. Philippon est venu me retenir, me consoler. <c Tu n'as besoin vde personne, m'a-t-il dit : tu as maintenant <c cent mille écus qui t'appartiennent : avec cela, maintenant, « toutes les femmes vont t'adorer ! »

URSULE, à part.

Grands dieux ! qu'allais-je faire?

11 paraît qu'un parent éloigné m'a laissé cette fortune, qui me revient comme à son seul héritier ; c'est du moins ce que nous a annoncé un homme d'affaires, qui arrivait de Paris, et nous y retournons à l'instant.

URSULE, très-émue.

C'est bien... il suffit... je ne vous retiens plus.

LÉON

Et cependant. Madame;, vous aviez daigné me promettre...

URSULE

Non, Monsieur; depuis, j'ai réfléchi... ce serait une.explication inutile, à laquelle vous am*iez raison de ne pas croiiiî, et je n'aurais que la honte d'avoir voulu vous persuader.

LÉON

Mais tout à l'heure. Madame, vous vouliez me dire...

URSULE

Je ne le puis plus... Partez, Monsieur... oubliez-moi; et puissiez-vous trouver dans la richesse qui vous arrive tout le bonheur que vous méritez !

LÉON

Quoi !. Madame, ce sont là vos derniers adieux?

URSULE

Oui, Monsieur.

LÉON, s*éloignant.

Ah! tout est fini pour moi! (ll sort par U porte à droite.)

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