‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 291 sur 446 · VATEL, CANIVET, CÉSAR · texte numérisé non relu

VATEL, CANIVET, CÉSAR

VATEL

Il est donc vrai, c'est toi, mon fils ?

CÉSAR

. Eh bien ! oui, je ne dis pas non; j'étais à l'ouvjpage, j'ai entendu la voix de Manette, et j'ai tout oublié. «

T. XII. * io

Ib4 VATEL.

VATEL

Quand je disais que cet amour-là lui ferait perdre son état !

CANrVET.

Mon cher Vatel, un peu d'indulgence,

VATEL

Laissez-moi^ monsieur Canivet. Vous ne savez pas ce que j'ai fait pour lui. Dès sa plus tendre enfance, il a sucé les principes et les morceaux les plus substantiels î Pour les saines doctrines, je l'en ai nourri , je l'en ai farci ; je l'ai élevé à la brochette.

CÉSAR

Mon père... pour qui me prenez-vous !

VATEL

Tais-toi ! oui, je le redis encore, je t'ai élevé à la brochette. Et au lieu de me seconder dans mes importants travaux, au lieu de m'aider dans la recherche de ce pudding à la chipolata, de ce mets diplomatique qui m'absorbe depuis huit jours, tu ne penses qu'à ton amour, tu négliges tes études ; tu aurais pu devenir un artiste, tu ne seras qu'un fricoteur.

CÉSAR

Mon père !..

VATEL

Eh !..

CÉSAR

Je vous passe le mot» parce que vous êtes en colère ; mais il ne faudrait pas recommencer.

VATEL

Ah ! tu me menaces, tu perds le respect; eh bien! je te chasse,

CANIVET

Monsieur Vatel, y pensez-vous !..

VATEL

Oui, Monsieur, il faut un exemple, (a césar.) Ote ton couteau,

ton tablier, ton ^Onnet de coton, (césar quitte chaque pièce à mesure

que son père le lui' ordonne.) Dépose tcs insigncs. Je te dégrade ; tu n'est plus officier de la maison de Son Excellence.

CÉSAR

C'est dit. Maintenant, je suis mon bourgeois.

VATEL

Vous le voyez, il ne rougit seulement pas, taudis qu'as» place, nos aïeux, jadis...

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