‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 315 sur 446 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

JONATHAS

Tu crois peut-ôtre que je suis encore jobard? pas du tout; maintenant j'ai de Tesprit, j'ai fait fortune, je suis farceur ; on dit même que je suis malin; parmi les négociants du Havre, il y en a peut-être qui font plus d'affaires que moi ; mais il n'y en a pas un qui fasse autant de malices.

GABRIEL. '

Ça vaut bien -mieux, (a part) Pauvre garçon! Soyez donc fort en thèmes... (Haat.) Et tu es heureux?

JONATHAS

Je t'en réponds. J'ai pris ici la maison de commerce de mon oncle, une entreprise magnifique; mais j'étais en procès avec la veuve de son associé; notre fortune en dépend, et quand on plaide, il y en a toujours un qui perd, et quelquefois tous les deux... Ah! ah! celui-là est méchant, n'est-ce pas? Alors, pour arranger tout cela, on a parlé d'un mariage; et c'est aujourd'hui même que la noce a lieu.

GABRIEL

Si tu es aimé, je t'en fafs compliment.

^ JONATHAS

Parbleu ! si je suis 'kimé, tu le verras; car f espère bien que tu assisteras à mon mariage; toute la ville du Havre y sera. Vrai, ça te fera plaisir, c'est un beau coup d'œil.

Air : Connaùsex mieux le grand Eugène.

J'aurai le suisse arec sa hallebarde.

Les deux adjoints, tous .les marins du port.

On dit môme qu'une bombarde Doit faire un feu de bâbord et tribord : Pour le tapage au Havre Ton est fort.

GABRIEL

J'approuverais 'un tel usage, Si, de l'hymen garantissant la paix.

Le bruit qu'on fait avant le mariage

Dispensait d'en avoir après.

Je te remercie de ton invitation; mais tu as des parents, des amis intimes à recevoir, et je craindrais de te gêner<

JONATHAS

LaTsée donc, ma maison est très-grande; c'est une des plus jolies maisons de campagne de la côté; je paye douce cents francs de contribution; et puis j'en ai encore une autre dans

474 LA OtTARAIfTAINE.

la Grande-Rup ; ça t'étonne? Yoitô autres officiers de marine, TOUS n'avei pas l'habitude d'être propriétaires ; et puis tu verras le crédit, la considération... Tiens^ voilà déjà du monde qui m'arrive.

Page 1