SCÈNE II
l^ pppqÉftpNTs, LAYEPîETTE*
JONATHAB.*
C'est M. Lavenette; j'ai à lui parler.
GABRIEL
Ne te gène pas^ fais tes afiaires.
J0NATHA8.
Ce cher docteur I pour la première fois de sa vie, il est en retard.
LAVCNETTe.
Que voulez-vous, la ville du Havre ne peut se passer de moi... quand on est à la fois employé à la mairie et médecin.
Air du JcilQuic ffialade.
DeR enfs^uts j'iosoris la paissatifle * G^eei le plu» beau droit des adjoiota; ]>e plua> je w'^ ia providepce Du malade implorant mes soiDS.
Ainsi^ qu'on daeurt ou que Ton iUe, A leur sort prepai^t toujours P9Pt, Mol» je mi l^ qyand op arrlTO, Et j'y suis eocor quand ou part.
iOMATRAS.
C'est juste, sans vous il n'y a pas moyen de vivre ni de inourir. Ah ! ah! c'est une plaisanterie, il ne faut pas que cela vous fâche.
LAVÊNETTE.
Me fâcher! ah bien oui. A propos de çà, ma feinme vient d'arriver par la diligence de Paris. Pauvre petite iTemme! elle a passé la nuit en route, et voilà qu'elle s'habille pour la lioce; elle veut assister au bal, parce que j*y serai ^ elle m'aime tant!... Ah çà! avez-vous été sur le port? savez-vous les nouvelles?
40NATHA9.
Qu'y a-t-il donc ?
SGÊ17E n. 47<1
LAVBTO1TC.
11 y a en rade un navire grec, le PhilopœfAen; tth taisseau qui arrive de Smyrne, avec un chaï'gement de cotons.
J0NÀTHA6.
Ah! il vient de SHiyrne; mais ne dit-on pas que dernièrement quelques symptômes y ont éclaté?
LAVENETTE.
Aussi, comme membre du conseil sanitaire, nous avons pris nos précautions; le vaisseau va subir une quarantaine rigoureuse, et personne ne pourra venir h bord, sous les peines les plus sévères. ,
JONÂTHAS.
Diable! vous avez raison, ne badinon3 pas! prenons H&ii garde à la santé de la ville du Havre.
LAVENETTE»
Quel est ce monsieur? un commerçant?
JONATHAS
Non, c'est un officier de marine, un Ccunarade de collège? à qui je ne suis pas iaché de montrer quelle Qgure je fais ici»
LAVENETTE.
Je comprends... (S'ayançant Ters Gabriel.) MOUSieur, leS OmiS dç
nos amis sont nos amis. Monsieur se fixe au Havre? Je ne sais pas encore.
LAVEHETTB.
11 le faut; cela me fera une maison de plus. Une tille charmante, une société délicieuse; j'en puis juger miéuic que personne, car, par état, je dîne chet l'un, je dîne chez l'autre; ça dépend de l'heure de mes visites.
JONATHAS
Oui, vous me faites toujours la vôtre à cinq hëiires.
LAVENETTE, à Jonathas , lui tAtant le pouls.
Comment allons-nous ce matih?
JONATHAâ.
Dame! je n'en sais trop rien : je m'en rapporte à vous.
"Gabriel.
Est-ce que tu es malade?
JONATHAS
Non, mais, par précaution, je me suis abonné. Tous les jours le docteur vient me dire comipent je me porte .
GABRIEL
C'est channant.
JOMATHÂS.
Que veux-tu 9 mon ami^ la santé avant tout. Quand on est riche, il est si utile d'être heureux et de hien se porter! on n'a que cela à faire.
LAVENETTE.
Ah çà! nous mettons-nous à table? la future est-elle là? tout le monde est-il arrivé?
JONATHAS
Oui, sans doute; on n'attendait que vous pour signer le contrat, (a Gabriel.) Yieus, mon ami, je vais te présenter à ces dames, car ce matin, avant la cérémonie, je donne à déjeuner chez moi à ma prétendue.
GABRIEL
Un instant, j'ai aussi des prétentions, et je suis là en costume de voyagem*.
JONATHAS
Oh ! mon Dieu, tous mes domestiques sont occupés; et pourtant j'en ai sept, y compris le petit commis; mais, tiens, voici Giroflée, le jardinier, qui va te montrer ton appartement et qui de plus sera à tes ordres.
Air : Triste spectacle, hélas! aux yetix du sage, (du Bursau de
Loterie.)
AdfeUj mon cher, sans façon je te laisse ;
Tu peux chez moi commander, ordonner.
A t*obén* je toux que i*on s'empresse ;
Et nous, docteur, courons au déjeuner.
LAVENETTE.
Oui, je me sens un appétit féroce ; Un jour <rhymen, si parfois les Amours, Quoique invités, ne sont pas de la noce. Les déjeuners du moins en sont toujours.
ENSEMBLE
JONATHAS
AdieU; mon cher, etc.
LAVENETTE.
Allons, Monsieur, sans façon je vous laisse. Mais vous pouvez commander, ordonner.
A le servir ici que Ton s'empresse.
Et nous, ami, courons au déjeuner, (jonathas et Lavenette entreat dans la chambre à droite.)