SCÈNE ni
GABRIEL. GIROFLÉE, qui se tient à réeart. . GABRIEL.
Diable! depuis que nous sommes sortis du collège, mon ancien camarade est bien changé; ce n'est plus une bête» [ c'est un sot... J'ai vu qu'il tranchait avec moi du protecteur, 1 et j*avais bien envie, pour prendre ipa revanche, d'ouvrir mon portefeuille et de lui proposer de l'acheter lui et ses commis... Une mauvaise affaire que j'aurais faite là ! et je peux, je crois> mieux placer mon argent.
GIROFLÉE
Monsieur, si vous voulez. Je vais vous montrer votre appartement; je suis à votre service.
GABRIEL
Ah! ah! c'est vrai; c'est le valet de chambre qu'on m'a donné».. Tiens, mon garçon, voilà d'abord pour ta peine.
GIROFLÉE
Gomment donc. Monsieur, il n'y a encore eu que du plaisir.
GABRIEL
. Tu vas aller dans la Grande-Rue, chez Delaunay, à l'Aigle d'Or : c'est là que la diligence m'a débarqué.
GIROFLÉE
Ah ! Monsieur est venu en diligence? '
GABRIEL
Oui, j'aime mieux ça ; c'est plus gai, plus animé, surtout les Jumelles qu'on prend à Ronen.
Air du Petit Courrier,
Un tel Yoyage me plaît fort:
A la nuit on se met en route.
On se place sans y voir goutte, On babille ou bien Ton s'endort, * '
On rit, on s'intrigue, on se presse.
On parie amour... et cœtera, . Sans saToir à qui Ton s'adresse :
C'est comme au bal de l'Opéra.
Et puis, on y fait des rencontres... J'avais entre autres une petite voisine charmante, qui avait en moi une confiance... Elle m'avait donné à seiTcr ses gants et son éventail ; et ma foi, en nous séparant, j'étais occupé à la regarder, et je n'ai plus pensé à lui restituer le précieux dépôt.
ITH LA 'irARAHTAnfB.
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g:^. a... ja... ban.
Camment! iqiiï êtes mmisifiiir Gabriei <ie Est-ee ÇK ta. me ctHinawr'?
5iiuu Xmaiear; mais il y a cfix ans. qnani j^âas jevne. j'ii jnKmpnt aitouta porioT de KRi&^ Ua boa eniknt ^Ik diauent; mais une maas^rwe téte.^ Tout ça^ à canse ^ eetfie («i-
I eSËfc-ce Qll'CB :}'qL aOIEfÎBllt
n y a IjHH^U'iiyt foe c'est oaMié ; nais mil «pi snê jel esfimt Aa Bswe^ et qui ne fai jbbbs «{iiftlL^ Celait daci va bftl, n'est-ce pae^ Hocâenr? et parce ^'one àemsHsdiieài sesK ans avait refiiâé ée éanser avec ^f^rasy vous a^ei cbocbé qnerelie à eeiDî qa'eOe avait accepté pour ea:«alier.
et ce Kia pour hh im aqet AauMl ée icmords. Ce panvre Crécy, an de laes camarades; je le vwoieofe frappé d'iiD coup Uiùl — EpcvdH, Ihr de mtày wiiihinl an basard. je rentre dans la viUe^ /aperço» an vanem ipn mettait à b Toile^jem'âancesur soiibQid;et depoisceteii^ jen'aipA^' rêva ma patrie... n y a on moê seakment, j'ai débarqué à U Rodielle; je me sois renda à Paris, et c'est là que j'ai appris que M. de ôécy aTait été répété à la vie; qvm, guéri de ses MeMOica, il avait épousé celle...
Ooiy Moosieor; fl l'a bien folla. Après un édat eorame celoi-^à, elle aurait été compromise. Mais da reste, ils ont fait on excellent ménage; at M. de Crécy vivrait encore, si ce n'é-
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tait^ il y a einq ans^ (lette fièvre cérébrale^ pour laquelle il a eu l'imprudence d'appeler M. Lavenette le médôoin... Oh ! ce^ lui-là ne Ta pas manqué; ça n'a pas été long; en voilà comme ça une vingtaine à ma connaissance... Eh bien! c'est égal^ il reste toujours ici, 1]4; il ufi pçpsp pas ^ 3'6mb$urquer.
OAblttEL.
C'est bien, va vite où je t'ai dit.
GlBOPLÉBé
Oui, Monsieiur; mais quand j'y pense, c'est drôle que mon maitre vous invite à la noce. Vous me direz que voilà deux ans eeulement qu'il est établi au Havre, et qu'alc^ti il ne connaît pas votre aventure.
GABRIEL
Eh bien ! par exemple, je crois qu'il fait des réflexions. Va et reviens, parce que j'aià'autres con^missions à te donner.
GIROFLÉE
Oui, Monsieur, (il Mvt i^r u foui.)
GABRIEL, seul.
On ne w'avait pa§ trompé : elle ^t veHvç, fJle est Ijbre; dix ans d'exil ont dû expier ma faute , et j§ pe^se qu'elle spra assez généreuse pour me recevoir. |fi p'ai pas osé demander sa demeure, ni n\^ présepter çhe? pUe. Mais Uy ^ ici unp noce, ime grande réunion; la meilleure société 4u Havrç y est ii^vitée... Madame de Crécy s'y trouvera sans doute; voilà pourquoi j'ai ÇLCçepté les offres 4e naon mc\en caropirade; et quand je pen^ qu'aujourd'hui même je v^is ]9^ revoir, j'éprouve un tremblement çiout je ne me cf oyais pas capable. Mol, ui^ marin, un corsaire !
Air de Téniers.
Mais d'où vient donc l^émotion profonde Que, malgré moi, dans ces lieuii je ressens ? Moi, voyageur et citoyen du monde.
Tous les paya m'étaient indifférents 1 Depuis dix ans, fatigué de moi-même^ C'est le seul jour qii mon cœur fut ému. Ab l la patrie est aui^ lieux où Top aime, ^t je sens là qqe j'y sui^ rey^uu.
Ah! mon Dieu! quelle est cette femme qui s'avance dans cette
galerie? Comme mon cœur bat! c'est elle, c'est Matbildfil quel bonheur! elle vient, et elle est seule.