SCÈNE xiu 1B
GABRIEL) d*uii air innocent.
Je n'en sais rien, et je ne m'en doute même pas. Gomme je venais de voas le dire, d'après les nouvelles instances de votre mari, qui craignait que mon départ ne parût extraordinaire à la société, je voulais, Madame, vous donner la main jusqu'à la mairie, et après cela, obéir à vos ordi'es, en vous quittant pour jamais.
MADAME DE CRÉCT.
Je ne me trompe point, l'on ferme les portes sur nous!
• GABRIEL, froidement.
Je ne sais pas alors comment nous ferons pour aller à la mairie; il faudra attendre qu'on nous ouvre.
MADAME DE CRÉCT.
Gomment! Monsieur, nous laisser ainsi! s'enfuir à notre aspect!
Air de Céline.
Oui) dans Te^iacte bienséance^ Il est mal de nous oublier.
Je conçois votre impatience.
Vous avez à vous marier!
Je sais que Ton tient, d'ordinaire, A terminer ces choses-là; Quant à moi^ je n'ai rien à faire, £t j'attendrai tant qu'on voudra.
MADAME DE CRÉCT.
0 ciel! ce calme, ce sang-û'oid... c'est quelque ruse de vous!
GABRIEL
Je conviens. Madame, qu'au premier coup d'oeil cette idéelà a bien quelque apparence de raison.
Air du Piège.
Banni par un injuste arrét^ £ncor tout plein de mou outrage.
J'ai pu former quelque projet Pour empêcher ce mariage.
Vous enlever à la noce ! ah ! vraiment C'eût été d'une audace extrême l Alors, j'ai trouvé plus décent D'enlever la jiece elle-même.
Elle vient de partir.
190 LÀ ÛUARAlTTÀINfi.
MAIMUWE DE CftÉCT.
rignwe qttek wfffens vous ayez «nployé»^ mais celtii fui 2Ki pu md oâiQi»«iaeltf e ainsi n'obti^a^îra jatoals rien de mot.
PeraiétAa»^moi au iiMNbns d» me jnsiffîer el de voàs 6iq[4ir
MADAME DE CRÉCT.
Éloigneas-Yous^ Monsieur^ je ae veux rien entendre.
Vous ne devez point douter. Madame, de mon respect ni de mk sovnûssioii; à défaut d'autre mérite, jr'atiraidu BÉoin6 celui de Tobéissance, et je ne reparaîtrai à vosr yeux c|U6 cfuaaé vous me rappellerez, (n sort.)
SCÉNÉ XTII.
MADAME DE GRECY, seule.
Est-il exemple d'une pareille audaee ! de sang-froid concevoir un tel projet!... et bien plu», V&ièeateTl Gomment en est-il venu à bout, je ne puis le deviner ; mais jte le saurai.
(Allant à la table et sonnant.) Holà ! <|a!elqu'tfn... ($onnâiit plus fort et à
l'autre bout du théâtre.) Eb bierfî vtenÂ*a:-t-o*i?... personne , aucun domestique!., sùîs-je donc seule (ïa^' cette liaison?
Air du Muletier,
(Sur la ritournelfô de Pair, on eàtend tthr ed' djebôtrs : )
A VOS postes, garde à vous!
IIADAME BC CRÉCt, allaiit à kl porte du' floâd).
Tout est fermé et barricadé en debors.
Je commence à treârM«r^ je croi.
Ah? du tia^iiHt, pair te^ lêuôt^e/ >
Peut-être pourrai^jo c<>ftûïittrê
Ge que Ton veut faire de moi.
(Regardant par la- croisée à droite.)
Eh mais! qu*est-ce que j'aperçois? -
Les murs sont entourés de gardes,.
Je vois des paysans armés de hallebardes. Que de précautions! que de soins! et pourquoi? Pour laisser un amant téte-à-tête avee moi.
(Regardant.) G*est Jonathas ! c*est bien lui que je vol.
Dieu me pardonne, c'est mon mari lui-méoie q<é le» plaee
en sentinelles autour éa parc ; il a do^ bien peur que je n'en réchappe.
Par hasard, serais-je en prison?
L'hymen en est une, dit«on * Mais en ce cas, ce qui M'étonne^ C'est le geôlier que l'on me donno.
Oui, ciiacun serait étonné Du geôlier que l'on m*a donné.
(On entend sur la ritonrnéUe.)
Qui vive? garde à vous ! (On toH partltre i la croisée une lettre an bout
d'une perche. ) Gtâce au ciel! vmcl des nouvelles; Je vais èonc
savoir quel est ce mystère. (Clle vavà la croisée et prend la lettre.)
Uiie lettre... À monsieur , monsieur Gabriel de Révannes, offtcier de marine. C'est pour lui^ et à coup sûr Je n'irai pas lire ses lettres. ( Allant à la porte par laquelle Gabriel est sorti.) Monsieur^ MOH-
sieur^ je vous en supplie.