‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 358 sur 446 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

n'eût pas de dot et fut orpheline ! J'y gagnerfûs cent pour cent, j'aurais la famille de moins.

JULES, qui a regardé autour de lui si personse n« yeuait, s^apprbche de Bon-

uemain, et lui dit à voix bas^se :

Monsieur, ça ne se passera pa« ainsi,

BOKNEMàlN.

Hein! que me veut encore celui-là?

JULES

Apt)i*enéi, Monsieur, que, parilii ses t^ai'enfe, rtia coitsîne trouvei^a des défenseurs, et je vous demanderai potirijud vous vous permettez de la chagriner ainsi.

BONNEMAIN

Il faut peut-être qufl je la remercie de ce qu'elle ht m'aimé pas.

JÇLES^ svec joie.

Cottliîient! Monsieur, il serait possible! ce âerait pour cela?

BONNÈMAIN.

Pféciséménf.

JULES , cherchant à cacher sa joie.

-Èh mais! il n'y a pas dé quoi vous fâcher ni vous mettre en colère. Voyez- vous, mon cher cousin, il ne faut pas vous décourager; cela viendra peut-être, sans compter que les apparences sont trompeuses.

BONNRIflIN.

Ah! vous appelez cela desapparenceéî Un jeune homme qui ralmait atant son mariage^, et qui M> devant moi^ lui a,remis un hillet.

JULES

Que dites-vous?

J'étais là, je l'ai vu.

. JULES, -vivement.

Il se pourrait! et vous êtes resté aussi càliiie! aussi tranquille l A votre place, je l'aiirais tué.

BONNEMAIN

A la bonne heure, au moins, éri voilà un qui prend lûe^ intérêts.

Air de Y Artiste,

Beau- père, belle-mère.

M'en veulent, je lé croi;

23i LE PLUS BEAU JOUR DE LA YIS.

Et la famille eotière Se ligne contre moi.

Lorsque chacmi me blâme^ Quel serait mon destin, Si par bonheur ma femme ITavait pas un cousin.

JULES

Non, je n'aurais jamais pensé que ma oouâne fût c^^te d'une teUe perfidie. Certainemeut^je croyais, comme tous me le disiez tout à l'heure, qu elle ne tous aimait pas, qu'elle n'aimait personne ; mais supposer qu'elle a une autre inclination, c'est une horreur, c'est une indignité.

BONNRMAIN.

N'est-ce pas? c'est le seul de la famille. Allons, allons, I jeune homme, calmez-vous, (à part.) En voilà un du moins que je peux recevoir chez moi sans danger, (lu prenant la mai».) Mon cousin, mon cher cousin, vous êtes le seul qui m'ayei témoigné une amitié véritable, et j'espà^ hien que vous me ferez le plaisir de venir souvent chez nous, et de r^arder ma maison comme la vôtre. Vous me le promettez?

JULES

De tout mon cœur.

Page 1