‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 375 sur 446 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédents, JOHN.

JOHN

Monsieur, c'est de l'argent.

DELMAR

Bon, mes droits d'auteur du mois dernier?

JOHN

\ Oui, Monsieur, quatre mille francs.

Quatre mille francs! ô Racine! ô Molière! (Les prenint de u main de John.) C'est bien; mille francs pour l'économie^ et mille j

écus pour les plaisirs. (U les reuferme dans son secrétaire.)

JOHN

Et puis 9 Yoici une lettre qu'un garçon de théâtre vient d'apporter.

RONDON^ se levant, et prenant la lettre.

Eh! c'est la lettre de réception! (u lit tout haut.) a Messieurs, « votre petite pièce » petite pièce , elle est parbleu bien grande ! <( votre petite pièce pétille d'esprit et d'originalité; les carac- (( tères sont bien tracés , le dialogue est vif et naturel^ les tt scènes abondent en intentions comiques; mais on a trouvé tt que le genre de l'ouvrage ne convient pas à notre théâtre. (( Je vous annonce donc à regret que la pièce a été refusée. »

D£LNAR.

Refusée !

RONDON.

a A l'unafiimité. Croyez bien. Messieurs, que Tadministt tration )> Oui, les termes de consolation! C'est une horreur !

DELMAR

Tu disais qu'ils avaient ri.

HONDON.

Mais à mes dépens, à ce qu'il parait. C'est prendre les gens en traître. C'est une indignité.

DELMAR

Ils sont fiers, parce qu'ils ont la vogue.

RONDON. ,/

lis ne l'auront pas longtemps, je me vengerai; et pour c/ ^^'7 commencer, un bon article, bien juste... (u se met à la table et ) kh-^ ^ écrit.) a Les recettes du théâtre de Madame commencent à bais- ^'^^a |« ser; son astre pâlit. » irvvt/- j

BELMAR. i*^j •^^ '

Comment tu vas...

" RONDON.

Écoute donc!, je suis bon enfant; mais cela a des bornes : il ne faut pas non plus se laisser faire la loi. (u écrit et répétée haute Toix : ) a La négligence de l'administration , la révoltante tt partialité des directeui*s , la nullité des membres du comité, « le honteux monopole, le marivaudage, etc., etc., etc. » Au |

35i LE GHAIlLATÀiaSME.

lieu de prendre pour modèle les administrations voisines; celle de Feydeaiu'^ p^ ei^emple^ si douce ^ si paternelle,...

DELMAR

Est-ce qui i\\ vçux porter notre pièce ^ TOpéra-^omique?

* RONOON.

Saps doute.

DELMAR

On sonne.

RONDON.

Feydeau est un tbé^tre royal ^ un théâtre estimable, ennemi des cdhdieè.

' DELVAR.

Oui, si l*ou nous reçoit»

JOHNj annouçant,

Madaitfe de Melcourt.

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