SCÈNE Vlî. i8îi
GEftMONt.
Mais oui^ c'est mon intention.
MADAME bE ttÉLC6Uht. -
Elle sera yraiment charmante quand elle aura un mari y et une robe de chez Victorine. Victorine, ma chère t, il n'y a qu'elle pour les robes, Nattier pour les fleurs, Herbault pour les toques j c'est cher, mais c'est distingue»
QERMOMT.
C'est bon, c'est bon ; à demain les affaires sérieuses. Occupons-nous de notre appartement; «t, avant tout, montons chez ce «her Rémy : à quel étage demeure-t-il ?
DELMAR, bas à madame de Melcourt.
Décemment^, je ne peux pas dire qu'il loge au quatrième. (H«ut.) Monsieur^ yous êtes chez lui.
. MADAME DE MELCOURT.
Y pensez^YOUs?
DBLMAR, bas.
Jo partagerai avec lui : ce n'est pas la première fois.
^GERMONT
Conunent diable! au premier, dans la Ghaussée-d'Ântin !
DELHAK.
' Et l'appartement qui vous est réservé est ici en face, sur le même palier.
GERMONT
Et un mobilier charmant^ d'une fraîcheur! d'une élégance! une bibliothèque ! et des bustes !
Aia : Il me faudra quitter V empire.
J'aperçois là deux docteurs qu'on renomme ; G*est Hippocrate elGalien.
DELMAR, bas, à madame de Melcourt.
Oui, c'est Favart, c'est Pirou... le brave homme! \
GERMONT
Àh! tout les deux je les reconnais bien.' \bis.) N'est-il pas vrai, c'étaient deux fortes têtes?. Deux grands docteurs...
DEIHAR.
C'étaient deux grands talents
\A part.) Pour les couplets.
Ils ont l'air bons vivants!
â60 L£ GUARLATANISME.
DELMAR
Je le crois bien. Si j'avais leurs recettes^ Je serais sûr-de vivre bien longtemps.
GERMONT, à Delmar.
Monsieur est de la maison?
DELMAR
Je suis le propriétaire; et si ce n'étaient les services que M. Rémy m'a rendus^ il y a longtemps que je lui aurais donné congé. ^
SOPHIE
Et pourquoi donc?
DELMAR
Pourquoi, Mademoiselle? parce que je ne peux pas dormir, parce qu'on m'éveille toutes les nuits. La nuit dernière encore, deux équipages qui s'arrêtent à ma porte, et l'on frappe à coups redoublés. « N'est-ce pas ici le célèbre docteur Rémy? « on le demande chez un riche financier qui a une indigesa tion, chez la femme d'un ministre destitué qui a des atta- « ques de nerfs. » C'est à n'y pas tenir. Je n'ose pas le renvoyer; mais à l'expiration du bail, je^rai obligé de l'augmenter, je vous en préviens.
GER^ONT
Qu'est-ce que vous me dites là? Ce pauvrej Rémy a donc un peu de réputation ?
DELMAR
Lui ! il n'a pas un moment de repos, ni moi non plus.
SOPHIE
Ah ! que je suis contente ! Vous voyez hien, mon père, j'étais bien sûre qu'il parviendrait.
r.ERMONT.
Et où est-il en ce moment?
^ DELMAR
Dieu le sait! il est monté dans son cabriolet, et il court Paris.
GERMOIST. .
Qu'entends-je! il a un cabriolet?
DELMAR
Air du Piège.
£h ! oui. Monsieur ; c'est bien juste en effet; Tous les docteurs un peu célèbres