‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 381 sur 446 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les pRÊGRDKNTSj RÉMY.

MADAME DE MELGOURT.

Eh! tenez; voici encore quelqu'un qui vient le demander > et qui ne le trouvera pas.

DELMÂlt^ bas, à madame de Melcourt.

C'est lui-même.

MADAME DE MBLCODRT. «

Ah! mon Dieu! ce que c'est que de ne pas connaître les personnes que Ton vante !

RÉMT.

Enfin ; vous voilà donc arrivés !

GERMONTé

Ce cher Rémy ! embrasse-moi donc.

RÉMY

Bonjour^ Monsieur; bonjour ^ Mademoiselle; un si aimable accueil...

GERMONT

Ne doit pas t'étonner^ toi qui partout es reçu et fêté; nous savons de tes nouvelles.

RÉMY

De mes nouvelles! et comment?

Parbleu! par la renommée.

RÉMY

Par la renommée? je ne croyafs pas qu'elle s'occupât de moi.

MADAME DE MELCOURT.

Ah! quoique médecin, Monsieur est modeste; voilà une qualité qui va nous raccommoder ensemble.

SOPHIE^ & Rény.

C'est madame de Melcourt, ma cousine, et une de vos ma^ lades.

RÉMY

De mes malades! je* ne pense pas avoir eu l'hoQueur,,.

MADAME DE MELCOURT.

Qu'est-ce que je vous disais? c'est insupportable! et nous allons de nouveau nous brouiller; il ne reconnaît même pas ceux à qui il a rendu la santé!

^çisi^ Yiii. 263

DELaiAR,

Parbleu! je le crois bien, sur 'la quantité! Haîs^ pardon, Monsieur, avant de sortir, j'aurais un mot de consultation à demander au docteur sur des douleurs que j'éprouve.

RÉMT.

Il serait vrai! qu'est-ce que c'est! parie vite, mon cher Delmar.

DELMÀR, conduisant Rémy à Textréinité du théâtre à gauobe.

Rien ; mais j'ai une confidence à te faire. M. Germont a pris l'appartement en face sur le même palier; je lui ai dit que tu demeiu'ais ici avec moi.

RÉMT.

Et poiu*quoidonc?

DELMAR

Belle question! pour que tu aies plus d'occasions de voir ta ]Hrétendue.

RÉMV.

Jeté remercie; quel bonheur! Mais quant à cette dame, elle se trompe, je ne la connais pas.

DELMAR

Qu'est-ce que cela te fait? ne va pas la contredire, ce n'est pas honnête.

MADAME DE MËLCOURT, bas, à Germont.

Ce jeune homme qui cause avec lui 6st M. Delmar, son propriétaire, un auteur très-distingué.

GERMONT

Comment! c'est M. Delmar, l'auteur? je loge dans la mai- \ son d'un auteur! Tu sais bien, ma fille, cet opéra que nous ^ avons vu à Montpellier... M. Delmar... les paroles de cet air que tu chantçs si bien sur ton piano... M. Delmar...

MADAME DE MELGOURT.

J'espère que vous vous rencontrerez chez moi avec Mon* sieur, qui me fait souvent l'honneur d'y venir; c'est aussi un ami dû docteur.

GERMOINT.

Je lui en fais compliment. Si je me fixais à Paris, je ne voudrais voir que des poètes, des artistes, des gens célèbres. J'aîmerais à paraître en public avec eux, parce que c'est agréable d'être remarqué, d'être suivi', d'entendre dire autour de soi : a C'est monsieur un tel , c'est sûr , le voilà ; et quel est

donc ce monsieur qui lui donne le bras? C'est M. Germent, de Montpellier y son ami intime. )> C'est une manière de se faire connaître. Voilà pourquoi j'ai toujours voulu pour gendre un homme célèbre ; il en rejaillit sur la famille et sur le beau-père une illustration... relative...

RÉMY

Je suis désolé, Monsieur, de vous voir de pareilles idées, non pas qu'elles ne soient très-louables en elles-mêmes; mais, malheureusement pour moi, mon peu de réputation...

SOPHIE

Que voulez-vous donc de plus?

DELMAB.

Tu es bien difficile ; après les ouvrages que tu as faits, après ton Traité sur le Croup,

MADAME DE MELCOURT.

C'est-à-dire que c'est une modestie qui ressemble beaucoup à de l'orgueil.

RÉMT, à Delmar qai lui fait des signes.

Non, morbleu! je ne veux point tromper un honnête homme; je veux qu'il sache que j'ai peu de réputation, peu de clients.

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