‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 405 sur 446 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

RINVILLE, DERVIÊRE.

DERVIÈRE, à part, en entrant.

Ce Lapierre est venu me dire mystérieusement qu'un étranger désii'ait me parler ici en secret, et... (a RînviUç.) Est-ce vous. Monsieur, qui ip'aveï fait demander?

RINVILLE.

Oiu,Moppiiçur,

PERVIÈRE,

Qu'y a-t-il pour vqtre service?

filNVIT^LE, à part.

Allons, de l'entraînement et du pathétique, (Htm,) Vpu^ pe remettes pas mes traits? Il se pourrait que huit ans d'abs^nc^ et d'éloigntMnent m'eussent rendu tellement noéconnaissablf) aux yeux ml^mes de ma famille?...

SGÈNS TI. %9i

DERyiÈRG.

Que dites-vous?

RINVILLE.

Quoi! la voix du sang n'est-elle qu'une chimère? ne parlet-elle pas à votre cœur? et ne voi^s dit-elle pas, mon cher oncle?...

DERVIÈRE.

0 ciel! tu serais?...

RINVILLE, se précipitant dans ses bras.

Charles, votre neveu.

DERVIÉRE, se détournant.

Que le diahle t'emporte!

RINVILLE.

Eh bien! qu'avez-vous donc?

DERVIÈRE.

Rien; L'étonnement, la surprise.M J'avoue que je ne t'aurais jamais reconnu; car, ^oit dit entre nous, tu ^'aIlnonçais pas, il y a huit ans, devoir être un bel boo^me; au Contraire.

RINVUXE.

Tant mieux > cela doit vous faire plaisir de me voir pl^angé à mon avantage.

DERVIÈRE.

Non, j'aurais mieux aimé te voir cootiuuer dans l'autre

sens.

RIIfV|l.LE. *

Et pourquoi?

DERVIÈRE.

Tiens, mon garçon, entre parents, on aurait tort de se gêner, et je vais te parler franchement. Je t'^i r^PueUU? je Val élevé, j'ai pris soin.de toi, je te faisais iu)e p^n^iou 4^ WilO écus.

Oui, mononcl^,

DERVIÈRE,

Eh bien! je la porte à six mille fraupf, ^ uu^ con4it|Qn, c'est que tu partii^as aujour4'bui luême ; et que d'ici à quelques apnées, qqus pqus priverons mutuelleipeut du plmuir de nous voir.

rinvîll«.

Comment! vous me renvoyez? YPU^ mettez la nature à la porte?

Îd2 LES PESmSRXS A1HHTB&.

DEBTIÉBB.

Oui, mon garçon.

BIRTILLE.

AïK : De sammeHier »neor, «ui ehère.

Un parent!

DERYIÈRE.

C'est poar cela même.

RIlfTILLE.

Un neTea!...

DERYIÈRE.

Cela m*e«t égal.

RINTII-LF..^

Je sois toaché d^ane façon eitréme.

D'an accueil si patriarcal.

(a. part.)

Comme prétendu Von m'exile^ Comme parent l'on me chasse déjà.

Il est Yraiment fort difficile

D*entrer dans cette maison-là.

Et puis-je savoir du moins?...

DERYIÈRE.

Je te crois homme d'honneur, et je veux bien t'achever ma confidence. Tu as été élevé avec ma fille, et elle a conservé de toi un souvenir qui nuit à mes projets et renvei*se mes plus chères espérances; car je voulais l'unir au fils d'un ancien ami, à M. de Rinville! un brave et excellent jeune homme que je porte dans mon cœur ; tu ne dois pas m'en vouloir.

RINVILLE.

Non, Monsieur, non, il s'en faut, (a paH.) C'est un excellent père que mon oncle.

' DERVIÈRE.

Je voudrais imaginer quelque prétexte, quelque ruse, pour lui présenter ce jeune homme sans qu'elle s'en doutât.

RINVILLE, MoriaBt.

Voyes-vous, eh bien?

DERVIÈRE.

Mais j'ai besoin d'y penser à loisir, parce que je ne suis pas fort, je n'ai pas l'habitude de dissimuler avec ma fille ; si j'étais die quelque complot, elle le devinerait sur-le-champ.

RINVILLE, à part.

C'est bon à savoir.

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