SCÈNE VIII
RINYILLE, ËMMELINE.
RIKVILL6, à part.
J'avoue que pour une première entrevue la situation est originale.
EMflf ELINE •
Eii bien! Charles, te voilà donc de retour?
RINVILLE.
Oui, Mademoiselle.
EMMELINB.
Mademoiselle ! ne suis-je pas ta cousine?
nmviLLE.
Si, ma jolie cousine, me voilà auprès de vous, c'est tout ce que je désirais.
Auprès de vous! comment I Charles, tu ne me tutoies plus?
RINVILLE.
Je n'osais pas, mais si tu le veux!
EMMELINE
Sans doute, entre cousins, où est le mal? n'él«it*ee pss ainsi avant ton départ?
RUIVILi.K. ^
Oui, certainement.
EMMELINE
Que de fois je me suis rappelée ce temps-là! les souvenirs d'enfance ont quelque chose de si vrai et de si touchant! te douviens-tu comme nous étions gais, comoae nous étions heureux? et ma pauvre tante Judith, comme nous la faisions enrager! A propos de cela, Monsieiu*, vous ne m'en avez pas encore parlé.
RINVILLE.
C'est vrai, cette pauvre femme; elle doit être bien vieille?
EMMELINE
Gomment! bien vieille! mais elle est morte depuis iroin ans.
RINVILLE, à part.
Ah! mon Dieu!
EMMF.LINE.
Estrce que vous ne le saviez pas?
RINVILLK.
Si vraiment, mais je voulais dire que maintenant elle serait bien vieille.
EMMELINE
Pas tant; mais te souviens-tu quand, sans lui en demander la permission , nous allions à la ferme chercher de la crème ? c'était toi qui en mangeais le plus.
RINVILLE.
C'était toi.
EMMELINE
Non, Monsieur; et ce jour où nous avons été surpris par l'orage?
RINVILLE.
Dieu! avons-nous oté mouillés!
KMMFX1NE.
A l'abri de ton carrick, que tu avais étendu sur moi... car tu étais Paul.
RINVILLE.
Et toi, Virginie.
EMMELINE
Cest charmant; il n'a rien oublié! et le soir, te souvicns-tu quand nous jouions aux jeux innocents; mais dans ce temps-là déjà vous étiez bien hardi.
RINVILLE.
Vraiment !