‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 41 sur 446 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Eh! c'est monsieur Belle-Main, notre expéditionnaire!

Est-ce que je serais en retard? [HegmUaiM nomire.) Non, c'est vous qui êtes en avance. Ah fà! monsieur Victor, tous àiei donc été diminue? '

VICTOR

Pourquoi?

BRLLE-HAIN.

C'est q;ue, comme d'ordinaire l'eiactitude est en raison inverse des appointements, j'ai cru que depuis quelques jours les vdtres avaient essuyé une forte réduction.

VICTOR

Ce cher Belle-Main ! et vous en étiez Oché?

UELLB-HAIM.

Certainement, parce que vous êtes un brave garçon. Uiûs, d'un autre cûté, je me disais : « C'est peut-être là-dessDS que « M . le chef de division doit prendre les fonds de cette gratj- « lication que l'on me promet depuis cinq ans, » et cela m'aidait à prendre votre chagrin en patience.

iW L'iKTiRIECR d'us lll'fi£AU. |

Par bonheur, il y a tant de gens qui pensent à eui qu'oa ne pense jamais à moi.

VICTOR

Et vous trouvez qu'une gratification n'olTre pas les mêmes inconvénients?

BELLE-MAm.

Sans'doute, ce n'est pas un fiie, c'est accidentel, c'est de la main à la main, et puis je n'en abuse pas ; voilà cinq ans que 1 l'on me remet toujours au prochain conseil d'admiaislntion ; le conseil s'assemble, la bonne volonté s'arrête, le rapport reste en chemin, la gratification languit, et cette pauvre mademoiselle Charlotte, ma futui-e, fait comme la gratification, i

VICTOR.-

' Comment! Belle-Main, il serait possible ! vous êtes amoureuiî

BELLE-MAIN

Oui, Monsieur, quand je ne suis pas au bureau s'entend, 1 c'est-à-dire, depuis quati-e heures du soir jusqu'à... et les di- | manches et fêtes. Vous saurez que j'ai cinquante-ileui ans, et mademoiselle Charlotte Ircntt'-six; mais quand on se marie, il î a toujours des frais eitraoï'diiiaires , des frais d'installation, et si on prenait cela sur les appointements de l'année, on tie s'y retrouverait plus. Aussi voilà ciuq ans que nous attendons cette gratification.

VICTOM.

Comment! mon cher Belle-Main, vous n'avez pas autre chose à ofi'rir à mademoiselle Charlotte?

BELLE-HAIN

Que Toulez-vousî en ma qualité d'expéditionnaire, je lui offre ma main, c'est tout ce que j'ai de mieui.

ÏICTOB,

Eh bien! mon cher, priez le ciel que Je réussisse, que j'épouse celle que j'ahne, et vous verrez, comme Je vous pousserai.

BELLE- MA IN, tiiement.

Non pas.

VIcrOB, mnalraiit mu hulcuil.

Sm- place, une giatiflcation tous les ans. Je marie mademoisellr Cliarlolle, et je suis le paiTain du premier enfant.

''u iiislaiil, un instant; commj voui j aliei!

146 l'întéribur d'uh bureau.

(FcuilletaDt plusieurs papiers.) Ahl (Avec joie.) j'y SUis; CeS rapports

qae j'ai portés tout à l'heure au secrétariat... '

Ara : Ven le temple de rhymen.

C'est là que sont mes couplets^ Ou du moins je le soupçonne :

Il n'a dû venir personne :

Courons et reprenons-les.

Sans cela^ mauvaise affaire ; Et le ministre en colère Pourrait bien, d'un ton sévère.

Me dire, en me supprimant :

« Monsieur, ne vous en déplaise, « Vous ctiantiez, j*en suis fort aise; « £h bien, sautez maintenant. »

(n sort en courant.)

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