SCÈNE XI
Les PRÉCÉDENTS, CATHERINE.
CATHERINE, à voix basse^ après avoir entendu les derniers iiiots<
Monsieur, Monsieur, je sais tout. «
SAINT-FÉLIX
Que dit-elle?
M. DE VILLEBLANCHE, avec joie.
Comment! tu sais?..
CATHERINE, le doigt sur la bouche.
Chut ! Vous entendez bien que, depuis que je suis femme de chambre, je fais mon état de mon mieux; je suis toujours aux écoutes : tout à l'heure la fenêtre du boudoir de Madame était ouverte, je passais dans le jardin...
VILLEBLANCHE, souriant.
Ah! tu as espionné! ce n'est pas très-loyal; mais dans les cas désespérés... (luî frappant sur la joue.) Eh bien! ma petite, tu as entendu?..
CATHERINE
Oui, Monsieur, j'ai entendu qu'il y avait quelqu'un d'enfermé avec Madame.
M. DE VILLEBLANCHE, inquiet.
Hein ! .. d'enfermé?
CATHERINE
Et c'est cette personne-là qui lui donne de mauvais conseils.
M. DE VILLEBLANCHE, très-agité.
Taisez-vous , je vous l'ordonne. Cette petite sotte ! compromettre ainsi sa maîtresse !
Mais, Monsieur, puisque j'ai entendu...
VILLEBLANCHE
Taisez-vous, vous dis-je; qu'est-ce que c'est donc que ça! Je vous défends d'ajouter un seul mot.
SAINT-FÉLIX
Je lie puis croire, en effet, que madame de Marcilly...
M. DE VILLEBLANCHE, tremblant d*émotion.
Ni moi, non plus; vous voyez bien à mon calme que je n'ai pas la moindre inquiétude. D'abord, de deux choses l'une; ou ça est, ou ça n'est pas; et comme ça n'est pas, il est clair que cette petite fille est venue, par une indiscrétion déplacée... Mon ami, faites-moi le plaisir d'aller m'attendre dans le jardin; je vous rejoins dans la minute. Nous reparlerons de vous; nous aviserons aux moyens... Mais je suis bien aise de donner une leçon à cette petite, et de lui apprendre comment on doit servir ses maîtres.
SAINT-FÉLa, à part.
Pauvre homme ! comme il est agité ! le voilà encore plus malheureux que moi. (u sort.)