‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 436 sur 446 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M. DE VILLEKLANCHE, CATHERINE.

M. DE VILLEBLANCHE^ à part, et regardant sortir Saint*Félix.

On est heureux d'avoir de l'empire sur soi. Grâce à mon sang-froid 9 il ne se doute de rien. (Haut.) Eh bien! Catherine, tu disais donc?...

CATHERINE

Dame, Monsieur, moi, je n'ose plus... vous vous fâchez tout de suite.

M. DE V1LLEBLANCHE, à part.

11 n'y a pas de quoi ! (Haut.) Tu passais donc sous la fenêtre?

CATHERINE

Et puis, j'y pense maintenant, ce n'est pas bien à moi de rapporter ce que je sais de ma maîtresse.

M. DE VILLEBLANCHE

Devant ce jeune homme, tu as raison ; un étourdi, un indiscret; voilà pourquoi je t'ai imposé silence. Mais moi, c'est bien différent. Tu es bien sûre qu'elle était enfermée?

CATHERINE

À double tour.

M. DE VILLEBLANCHE, hésitant.

Et s'enferme-t-elle souvent ainsi?

CATHERINE

Depuis hier, elle ne fait que cela.

M. DE VILLEBLANCHE, à part.

C'est consolant. (Haut.) Et as-tu aperçu la personne ?

CATHERINE

Non, la fenêtre est si haute; et puis je n'osais pas regarder. Mais j'entendais Madame qui parlait vivement et tout bas, comme si elle faisait des reproches à quelqu'un.

M. DE VILLEBLANCHE

Des reproches?

CATHERINE

Oui; il paraît que le monsieur sentait qu'il avait tort, car il ne répondait rien.

M. DE VILLEBLANCHE

Enfin?,.

CATHERINE

Enfin, Monsieur, il y avait des mots que j'entendais, et d'aurcs que je n'entendais pas; mais tout à coup Madame s'est

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levée avec humeur^ en lui disant : a Autrefois, tu étais plus fidèle; tu me trompes, j'en suis sûre. »

.'. M. DE VTLLEBLANCttB.

Tu me trompes! (a part.) C'est un homme, c'est clair.

CATHERINE

J'aurais bien voulu en entendre davantage; mais Madame s'est àpprôcliéé de la croisée, j'ai eu peur d'être surprise, et je me suis sauvée.

M. DE VILLEBLANCHE, très-agité, et se promenuit.

n n'y a plus de doute, je suis trahi, sacrifié; c'est pour cela qu'elle a quitté Paris à mon insu.

, , Air : Tenex, moi je suit un hùn homme.

Après seize ans d'amour sincère, , . M'exller malgré mes serments.

CATHERINE

C'est comm' si Von chassait mon père Qu'est jardinier depuis 1' même temps.

M. DEVILLEBLAMCHB.

Après seize ans, esMi possible !

Ah ! ça fait mal rien qu' d'y penser. Et puis. Monsieur, le plus terrible.

C'est qu'on n" trôûv*" plus à se placer.

•I Ml.,. ..

M. DE VILLEBLANCHE

Mais cela ne se passera pas ainsi, je. saurai quel est ce rival.

CATHERINE, regardant à travers la serrure.

Si VOUS voulez je vais m'exposer à une gronde» ^ me semble qu'on vient d'ouvrh* la première porte; je vais faire comme si Madame m'appelait. Il ne peut pas se sauv<^r par. ia (ei^tre^ et alors nous verrons hien. (Elle s'approche de 1^ p^rte.j , . . ,

M. DE VILLEBLANCHE ,

Du tout, l'appartement d'une feihme est sacré, même pour un mari; à plus forte raison...

CATHERINE, prêtant Toreille du c6té de la chambre de madame de Marcilly.

Ah! Monsieur!

M. DE VILLEBLANCHE

Quoi donc?

CATHERINE

On parle encore; ce serait le bon moment.

M. DE VILLEBLANCHE' arec cur^çsilé.

N'importe: je lé lé défends:

SGÂNE xni« 339

CATHERINE^ B^approehant de la porte.

On a prononcé votre nom.

M. DE VILLEBLANCHE^ hors de lui..

Mon nom! (niui fait signe d^entrer Tite; Catherine tourne le boUtoh et entre ^ans Tappartement de madame de Marcilly.) Eh bien ! eh bien !

qu'est-ce qu'elle fait donc? qtland Je lui défends ^Qpîessément... Ces domestiques sont d'une impertinence!... Se peiv mettre ainsi de... Pourvu qu'elle ait lô temps de bien voir.

CaTHÊÈIINB^ revenant.

Je n'y conçois rien. Elle n'a pas été trop en colère; mais je n'ai vu personne.

M. DE VILLEBLANGHE. V

Petite sotte! elle est capable d'avoir regardé à droite^ S'il était à gauche.

CATHERmE.

J'4i regardé partout^ et je n'ai rien vu.

M. DE VliXEBLANGHË.

C'est bienfait; ta curiosité méritait cela.

GATfiERlNB.

Faut qu'il se soit caché tout desuite^et qu'elle ne sache comment le faire évader; «car Madame veut rester seule ici. Elle m'a ordonné de descendre, et de ne laisser monter personneé

Elle veut reBter seule?

i . ■ , , , ., .CATHERINE.

Ditçs donç^ Jl|fon^ie^r, si on se cachait aussi pour voir?

M. DE VILLEBLANCHË. . " .

J^i dpnçj s^user.^nsji... Je veiUL lui parler, m'expUquer, avec elle.;. Allez, et ne laissa monter .personne, comme Ma-s 4amei.vpus, Tadit.

- « ., ; - , , ., CATHERINE^

Oui, Mpnsieur. .(a part^ et regardait la porte à Oîoitje.) . Je SeraiS

pourtant curieuse de savoir par où le jeune homme se sau<*. vera. Je vais retourner sous îa fenêtre, (fille ^ort.)

. SCÈNE XIIL

M.' DE TILLEBLAI^CHË; seul."

Lui pw*lerî ^eX<fii aui;ai pa^ la force ; je sens. déjà, que je n'^i pas mon âploqib or^inair^. A^J mon pieu! je l'entends;

si elle me trouve ici, elle va croire que je veux épier ses démarches. La voici. (U entre un instant dans le cabinet à gauche, et ensuite rerient se placer derrière la psyché.) Je n'ai que Ce moyen ; à

tout prix je saurai la vérité.

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