SCÈNE
ROSE
Et puis, voilà six mois qu'il est à Paris.
LOUVE
Et c'est là que tout se perfectionne.
LUCIE
Enfin, mon père m'a déclai*é qu'au premier mensonge bien avéré, bien prouvé, tout serait rompu.
LOLIVB.
Allons donc, on voit bien que monsieur votre père est aussi du pays, et son projet est une plaisanterie , une gasconnade ; vouloir empêcher un jeune homme à la mode de mentir! autant vaudrait faire remonter la Garonne vers sa source.
LUCIE
C'est ce que vous ne ferez jamais comprendre à mon père, et je ne sais, comment prévenir Edouard.
ROSE
Je vais l'attendre; il loge ici dessus dans le même hôtel ; et avant qu'il entre chez monsieur votre père, je le préviendrai de prendre garde à lui, et de n'annoncer rien que d'officiel, si c'est possible.
LUCIE
Tais-toi donc ! on parle dans la chambre de mon père, j'ai reconnu la voix d'Edouard.
ROSE
Il aura passé par l'autre escalier.
LUCIE
Tout est perdu! et s'il a causé avec mon père, je parie que déjà... 11 y attache si peu d'importance qu'il ment par habitude et sans y penser.
ROSE
Alors le coup de maître serait d'empêcher M. Franval de s'apercevoir de ses petits écarts ; qu'est-ce que cela nous fait qu'il mente, pourvu que votre père ne s'en doute pas?..
LOLIVE.
Elle a raison ; ceci est beaucoup plus facile : et si Mademoiselle veut me donner plein pouvoir sur lui...
LUCIE
Ah ! si vous parvenez à cacher son défaut à mon père, ma reconnaissance... Vous pensez bien qu'une fois mai'iée, je suis sûre de le corriger; sans cela...
178 LE MENTEUR YÉRIDIQUE.
LOLIVE.
Cela va sans dire; il ne faut pas qu'Edouard me voie; mais si je pouvais Tentendre^ et prendre une idée de son caractère ..
ROSE^ moutraut le cabinet à droite.
Eh mais! ce cabinet... Il a précisément tm édcâliâr dérobé sur la cour. On vient, entre vite.
LOLIVE.
AïK de la Nouvelle télégraphique.
Ne craignez rien , Tout ira bieu.
Et par mes soius j'espère . Le dégager, La protéger.
Au moment du danger. ROSE.
D*»p^ès les termes dti traité^
Noos servons totre père; Un mensonge bien attesta
Vaut une vérité.
ENSEMBLE
Ne craignons rien, etc.
(LoUt« sert pai U drt ite.)