SCÈNE XYII
FRANYAL.
Excepte celui de lâ recette de Marseille.
M. DE SÂIirr-MARCEL.
La voici; c'est le présent de noce que je lui destinais.
LUCIE
Comment! il se pourrait...
EDOUARD
Ah! je parie que c'est vrai; tout est vrai aujourd'hui. Ainsi, beau-père, consentez, tout le monde vous en supplie.
FRANVAL
Je suis sûr qu'on me trompe.
LOUVE
Et moi aussi.
M. bÉ SAmr-MAACEL.
Et moi aussi; et cependant vous consentez...
FRANVAL
Il le faut bien, ne fût-ce que par curiosité, et pour avoir le mot de l'énigme.
LOLIVE, jetant ton chapeau*
VivcU! La parole de Monsieur vaut de l'or. Je reprends la liviée, et mets aux pieds de Rosette M. Guillaume Lenoir, mi- Jord Cook-Brook, et, bien plu», le fidèle Lolive, valet de chambre de monsieur le comte#
EDOUARD
Comment! coquin, c'était toi ?
FRANVAL
Fais donc l'étonné.
EDOUARD
Je vous jure que je n'en savais rien, et que je ne le connaissais pas.
FlUMVAL.
Encore ! par exemple^ e'esi là le plus diffîcik à croire.
LUCIE
Et cependant, moti pèfé, c'est la vérité; nous vous mettrons au fait de tout.
ÉbOUÂftD.
Le ciel m'est témoin que, si j'en ai imposé aujourd'hui, c'était pour la dernière fois, et à mon corps défendant. Oui, Monsieur, oui, mon cher protecteur, je jure de me corriger^ de ne plus retomber daos un défaM4 dont ]e vais trop les dan-
^>4 LE mSNTEUE KÉRIDIQUS.
gers^LoliYe, je me souviendrai de ta leçon; je te promets une récompense.
LOUVE
Bien sûr?
LUCIE, loi donoant mw bonne.
Et moi je te la donne.
LOLrVE.
Cest encore mieux. (Pesant U bonne.)
Rien n'est beaa que' le vrai^ le Trai seul est aimable.
VAUDEVILLE
LUCIE
De vérités trop redoutables
L'amonr-propre peat s'offenser;
La Fontaine a su par des fables
Le corriger sans le blesser.
Dans un charme heareux il nous plonge
Par sa douce naïveté^
Et c'est à l'aide du mensonge
Qu'il fait passer la vérité.
FRANVAL
SI les belles ont des caprices^ C'est afin qu'on les aime plus.
Si l'on est faux, c'est que les vices Rapportent plus que les Tertns.
Si maîDt Grésus que l'ennui ronge Par ses courtisans est flatté.
C'est qu'on gagne avec le mensonge Bien plus qu'avec la vérité.
M. DE SAINT-MARCEL
En tout temps loyal et sincère.
Do grand jour rechercher l'éclat.
Tel fut toujours le caractère Du Yéritable homme d'État.
Pour que son crédit se prolonge.
Pour que son nom soit respecté.
Il n'a pas besoin du mensonge.
Et ne craint pas la vérité.