SCÈNE IX
M. DE MERTEUIL, JULIE, sortant de la chambre à droite.
M. DE MERTEUIL
Ma foi...
JULIE, entrant mystérieusement.
Monsieur... Monsieur!..
M. DE MERTEUIL
Ah ! la femme de chambre de Madame. Eh ! mon Dieu, d'où vient cet air mystérieux ?
JULIE
Monsieur, comme oncle de mon maître et de ma maîtresse, je crois devoir vous prévenir d'un événement qui les intéresse l'un ou l'autre , et peut-être tous les deux.
M. DE MERTEUIL
Qu'est-ce donc?
JULIE
Une espèce de paysan, celui même qui tout à l'heure tous a apporté une lettre, vient de m'aborder dans l'avenue, et m'a dit tout bas à l'oreiÛe : Mademoiselle Julie, un jeune homme qui connaît l'attachement que vous portez à votre maîtresse aurait un secret important à vous confier : trouvez-vous d'ici à un quart d'heure dans le petit pavillon au bout du jardin ; votre fortune en dépend.
M. DE MERTEUIL
Voilà tout?
JULIE
Voilà tout... si ce n'est cette ]>ourse qu'il a laissée en s'enfuyant, et dans laquelle on avait oublié une vingtaine de pièces d'or. Je vous le demande. Monsieur, qu'est-ce que vous dites de cela^
M. DE MERTEUIL
Mais, toi-même, qu'est-ce que tu en dis?
JULIE
Moi? rien, Monsieur. Je pense que c'est un des adorateurs de Madame, un prétendant malheureux, peut-être même ce jeune homme que Madame a refusé... M. Léon, votre neveu.
A» : On dit que je suis sans maliee.
C'est lui surtout que j'appréhende.
Dois-je ou DOD, je tous le demande.
Aller à ce rendez-vous-là ?
C'est pour ma maîtresse, et YOllà D'où Tient mon embarras extrême ; Si ce n'était que pour moi-même^ Monsieur sent bien qu'en pareil cas^ HéUis ! je n'hésiterais pas.
H. DE MERTEUIL
Moi, je n'ai point d'avis à te donner; fais ce que tu voudras.
JULIE
Je remercie Monsieur : mon devoir était de le prévenir, car je n'aurais osé rien prendre sur moi ; mais dès que Monsieur est instruit et qu'il m'autorise...
M. DE MERTEUIL
Du tout; je ne suis pour rien là-dedans; je te l'ai dit, fais ce que tu voudras; je vois seulement que ta volonté est d*y