SCÈNE XI
Les précédents^ GERVAIS.
GERVAiS.
Madame^ un jeune homme qui est en bas demanda à V0U9 parler.
HORTENSfi.
Et que veut-il?
GERVAIS
Ce n'est pas moi, c'est mademoiselle Julie qui l'a reçu : elle dit qu'il arrive de Paris en voiture , et qu'il s'appelle M. Léon de Saint- Yves : c'est un cousin de Monsieur, un jdJ cavalier.
HORTENSE
Comment! M. Léon? Dites que je ttô peux recevoir... ott plutôt que je n'y suis pas.
GERVAIS
Oh! non. Madame... non... on lui a dit que vous y étiez.
HORTENSE
Et qui vous a prescrit d'agir ainsi?
GERVAIS
C'est Monsieur : il a dit en partant qu*il allait désinviter tous ses parents ; mais que si cependant il en venait quelquesuns, on les. amènerait auprès de Madame.
HORTENSE
C'est bien; mais cet ordre ne regarde pas M. Léon : vous pouvez le congédier.
GERVAIS
11 n'y a pas moyen. Madame, Monsieur Ta défendu; et puis^ qu'il y a un maître maintenant, c'est à lui de commander.
HORTENSE
Eh bien ! par exemple, voilà qui est nouveau.
M. DE NERTEUIL.
Calmez-vous, je vous prie, et faites attention qu'après ce que vos gens ont dit à mon neveu Léon^ vous ne pouvez guère vous dispenser de le recevoir.
HORTENSE
Comment! Monsieur, vous voulez...
M. DE MERTEUIL
Un pareil refus paraîtrait fort singulier : c'est un parent de votre mari, et il faudra toujours qu'il se présente chez vous ;
tti LA. VAITRESSB AU LOGIS.
d'ailleurs une Tisite de noce^ une Yisite de cérémonie, c'est l'affaire 4o cinq minutes.
HORTERSE.
Puisque yous le jugez convenable... (a Gerrais.) A la bonne heure. (Gtrm» ml m stfte de joie.) Dis à Julie de le faire entrer.
GERYAIS.
Oh! non, j'y vais moi-même; il faut que je le voie.
HOaTERSE.
Et pour quelle raison?
Parce que Monsieur m'a ordonné de regarder tout ce qui arriverait, et de tout examiner afin de lui rendre compte.
HORTENSE, arec an moaTement de colère.
Comment! (se reitrenint froidement.) Sortez ! (Oerrais sort.) Je n'en
reviens pas; une pareille idée, un ordre aussi inconvenant!
M. DE MERTEUIL
n y a des gens curieux qui veulent tout savoir... Ah çà ! pendant que vous allez vous faire des compliments, je vais déjeuner.
HORTENSE
Gonunent! Monsieur, vous me quittez?
M. DE MERTEUIL
Je n'ai rien pris d'aujourd'hui : un jour de noce!., moi qui comptais sur le déjeuner dînatoire.
HORTENSE
Mais la présence de votre neveu...
H. DE MERTEUIL
Ne fera lien à mon estomac, et le plaisir de le voir ne calmera pas mon appétit. Je reviens dans l'instant; ne vous dérangez donc pas, je vais demander à vos gens un verre de madère, la moindre chose...
HORTENSE
Je vais donner l'ordre...
M. DE MERTEUIL
Ce n'est pas la peine, je leur commanderai moi-même , si vous voulez bien, le permettre; aussi bien, aujourd'hui, je vois qu'ici tout le monde s'en mêle! (il sort.)
■ SCÈNE Xlt. 235