‹ ThéâtreChapitre 101 sur 251 · VATEL, CANIVET, CÉSAR · texte numérisé non relu

VATEL, CANIVET, CÉSAR

VATEL

Il est donc vrai, c'est toi, mon fils ?

CÉSAR

Eh bien ! oui, je ne dis pas non; j'étais à l'ouvrage, j'ai entendu la voix de Manette, et j'ai tout oublié.

4M TATBI.

VATEL

Quand je i\B9k que cet amour-là lui ferait perdre son ëtat !

CAHIVET.

Mon cher Vatel, un peu d'indulgence,

VATEL

Laissez-moi, monsieur Ganivet. Vous ne savez pas ce que j'ai fait pour lui. Dès sa plus tendre enfance^ il a sucé les principes et les morceaux les plus substantiels ! Pour les saines doctrines, je l'en ai nomri , je l'en ai farci; je l'aiéleTé à la brochette.

CÉSAR

Mon père... pour qui me prenez-vous !

VATEL

Tais-toi î oui, je le redis encore, je t'ai élevé à la brochette. Et au lieu de me seconder dans mes importants travaux, au lieu de m'aider dans la recherche de ce pudding à la chipolata, de ce mets diplomatique quj m'absorbe depuis huit jours, tu ne penses qu'à ton amoiu*, tu négliges tes études ; tu aurais pu devenir un artiste, tu ne seras qu'un tricoteur.

CÉSAR

Mon père !•.

VAÏfeL.

Eh!..

CÉSAR

Je vous passe le mot, parce que vous êtes en colère ; mais il ne faudrait pas reconunencer.

Ah ! tu me menaces, tu perds le respect; eh bien ! je te

CANIVET

Monsieur Vatel, y pensez-vous !..

VATEL

Oui, Monsieur, il faut un exemple. (▲ céuv.) Ote ton couteau,

ton tablier, ton bonnet de coton, (césar quitte chaque pièce à mesure

que son père le lui ordonne.) Déposc tcs iusignes. Je te dégrade ; tu n'est plus officier de la maison de Son Excellence.

CÉSAR

C'est dit. Maintenant, je suis mon bourgeois.

VATEL

Vous le voyez, il ne rougit seulement pas, tandis qu'à sa place, nos aï;jux, jadis. ••

denftNE Vil. 4W

cÉsAa.

Ah ben oui ! . . si vous croyez que Je Tais faire comme grandpapa Vatel !

VATEL

Tu n'es qu'un mauvais sujet ! un Joconde, un Lovelace. Est-ce bien là mon sang? En vérité, Monsieur Canivet, il y a des moments où j'ose soupçonner madame Vatel.

CÉSAR

Mon père, si je ne vous respectais pas Mais, puisque me

voilà à la réforme et sans appointements^ ne pourriea^-vous pas me donner le bien de ma mère? je suis majeur.

VATEL

Je te le donnerai, le bien de ta mère. Mange-le, chenapan, mange, puisque tu aimes mieux manger que de faire manger les autres. Adieu, tu m'as entendu ? *

CÉSAR

Oui, mon père, je suis destitué.

VATEL

AK! mon cher monsieur Canivetî il me fera moitfh* de chagrin. Mais, oublions mes douleurs domestiques; avant que d'être père, je suis maître d'hôtel. Venez , je vais vous communiquer mon plan, (ils entrent dans la chambre à ^uche*)

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