‹ ThéâtreChapitre 11 sur 251 · GUSTAVE, AGATHE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, AGATHE

AGATHE

Enfin, Monsieur, vo? vœux sont exaucés, et vous trouverez

16 l'héritière.

dans la salle à manger tout ce que j'ai pu réunir de mieux... eh bien! ne m'entendez-vous pas?

GUSTAVE

Ah! c'est vous, Madame; mille pardons. Vous aviez la bqnté de m'annoncer...

AGATHE

Une chose bien intéressante pour vous^ le déjeuner.

GUSTAVE

Eh! mon Dieu! c'est vrai, je n'y pensais plus. La lecture de ce roman...

AGATHE

Vous appelez cela un roman! les œuvres de Racine.

GUSTAVE, à part, et jetant les yeux sur le livre.

Dieu! je ne Tavais pas regardé! (Haut.) Eh! mais, s'il est vrai que le meilleur roman soit celui qui peint le mieux les faiblesses du cœur, n'ai-je pas raison de regarder Racine comme le plus tendre et le plus touchant des romanciers?

AGATHE, souriant.

J'aime assez cette idée : mais ce qui m'élonne, c'est qu'elle vous «oit venue.

,j| GUSTAVE.

^. Awoi, Madame? et pourquoi donc?

V; -.^5 AGATHE

\:i^ïie ne sais; mais il me semble qu'un grand chasseur tel ..^ue vous n'a pas le temps...

GUSTAVE

N'a pas le temps de penser, n'est-il pas vrai? c'est là ce que vous vouUez dire, et ce mot m'explique pourquoi depuis trois }0\iv&:^llÉi avez si rarement daigné m'adi'csser la parole.

"^•"^ AGATHE

Moi! Monsieur...

GUSTAVE

Je ne vous en fais pas de reproches, c'était par indulgence, par bonté d'âme : vous ne me supposiez pas en état dq vous comprendre.

AGATHE

Me préserve le ciel d'avoir de pareilles idées; pour vous le prouver. Monsieur, revenons à Racine. Que lisiez-vous?

GUSTAVE, ouvrant le livre et le lui montrant.

Vous le voyez, c'était Phèdre , et j'admirais le caraclèrc d'Hippolyte. J'avoue que c'est mon héros; ce ne doit pas être.

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